Inceste : comment vivre avec ? Et après ?

A hurler du silence / © Futurikon
A hurler du silence / © Futurikon

L'inceste, un sujet tabou de notre société, est au coeur d'un documentaire inédit "Inceste, à hurler du silence" diffusé lundi 2 décembre à 22:50. Une immersion au sein d'une structure pour les jeunes victimes, la Maison d’Accueil Jean Bru située à Agen, dans le Lot-et-Garonne.

Par Emmanuelle Hardy-Robert

De quelle guérison parler lorsque le corps a été violenté, l’identité humiliée, l’interdit transgressé, la loi bafouée ?

« Je me sens sale. J’ai envie de m’enlever tout ce qu’ils m’ont mis dans le corps. J’ai l’impression qu’on m’a pourrie de l’intérieur.
Quand je me coupe, je me fais du bien parce que je vois le sang couler. Je n’aime pas que ça guérisse, j’aimerais que ça reste à vif.
Je veux avoir des marques de mon enfance. »

Laura, abusée par son grand-père et ses oncles.
 

Immersion au sein d'une structure unique 


Depuis 20 ans, la Maison d’Accueil Jean Bru à Agen accueille et aide, dans un même lieu, des jeunes filles victimes d’agressions sexuelles au sein de la famille, seule structure des pouvoirs publics à avoir cette mission  propre.

Une aide est apportée à ces victimes pour restaurer l’estime de soi, l’identité individuelle, et les aider à se reconstruire pour poursuivre leur vie.
Des personnels formés à ce traumatisme spécifique oeuvrent au quotidien dans le but de les libérer de l’aliénation psychologique et de la honte.

Un travail sur le moyen et le long-terme pour leur offrir des perspectives éducatives et sociales égales à celles d’un enfant ordinaire.
 
© Futurikon
© Futurikon
 

Le titre du film, « à hurler du silence » fait référence à tous ces cris, ces appels restés sans réponse.

Hélène Trigueros, réalistrice

Dans l'intimité du centre

Le film, tourné dans l'enceinte du centre Jean  Bru, suit les trajectoires de quelques filles avec leur éducateur référent sur plusieurs mois. A travers le quotidien, on découvre alors l’histoire de chacune et le lien qui s’instaure entre elle et son éducateur.

La réalisatrice Hélène Trigueros a recueilli des témoignages poignants de victimes prêtes à s'exprimer sur leur traumatisme, et des personnels soignants.
Une caméra présente en toute discrètion alors que l'insupportable se raconte ou s'écrit parfois, faute de pouvoir formuler oralement l'indicible.

J'ai beaucoup de souffrance. Je suis arrivée en toutes petites miettes. Mais mes miettes, ici, elles se recontrsuisent".

 © Futurikon


Sur grand et petit écran 

Ce documentaire a fait l'objet d'une avant-première au cinéma "Les montreurs d'Images" à Agen. La presse locale en a fait l'écho, comme Le Petit Bleu d'Agen, Sud-Ouest et La dépêche.
​​​​​​​
 
​​​​​​​
​​​​​​​​​​​​​​​​
Un film fort, qui met des mots sur ce que l'on ne peut imaginer. Un film empli d'espoir car, en oeuvrant à la réconciliation des victimes avec elles-mêmes, les personnels de la maison Jean Bru aident les victimes à recréer une vie ordinaire avec une histoire singulière... Et leur permettre de continuer leur vie, une autre vie.

Nous commencons à apprécier une vie recontruite après un naufrage de l'âme.

Une victime
 

  • Diffusion : lundi 2 décembre à 22:50 sur France 3 Nouvelle-Aquitaine

    ​​​​​​​
​​​​​​​​​​​​​​

Un film de Hélène Triguéros

Une coproduction Futurikon et France Télévisions.
 
Durée : 52 min
 
Autre diffusion :
vendredi 6 décembre à 9:15

 et en replay sur na.france3.fr

Sur le même sujet

Les + Lus