Lot-et-Garonne : pour sauver l'emploi, des entreprises décident de prêter leurs salariés

Conséquence de la crise économique due à l'épidémie de coronavirus, la CCI du Lot-et-Garonne a décidé de proposer un système de partage de salariés. Une dizaine d'entreprises du département a décidé de parier sur cette initiative originale pour gérer leur fluctuation d'activité. 
L'entreprise CSA, spécialisée dans l'aéronautique, a dû licencier 19 salariés.
L'entreprise CSA, spécialisée dans l'aéronautique, a dû licencier 19 salariés. © FTV/B.Morin
Proposer ses salariés à une entreprise qui en a besoin à cause d'une augmentation d'activité : voilà le principe du partage de salariés proposé par la CCI du Lot-et-Garonne. 

70% de baisse d'activité

Une initiative qui permet à des acteurs de certains secteurs, comme l'aéronautique, de ne pas licencier leurs salariés alors que l'activité est au point mort.  Chez Construction Structures Aéronautiques, elle a baissé de 70% après l'épidémie, et déjà 19 employés ont été remerciés. C'était trop pour son président :
 

"Tout ce personnel qu'on a durement fait évoluer, formé, maintenant je cherche à le garder"

Jérôme Creuzet - Président de Construction Structures Aéronautiques (CSA)

"C'est une opportunité pour moi"


Alors il a demandé à ses salariés si certains étaient volontaires pour être prêtés à une autre entreprise, le temps que l'activité revienne. Six ont décidé de sauter le pas, comme Damien. Ce dernier a connu quatre licenciements économiques, et préférait tenter de garder son travail même s'il devait changer temporairement d'employeur :

J'aime bien le changement à la base alors c'est une opportunité pour moi, et puis ça nous permet de conserver nos emplois dans notre société.

Damien - responsable maintenance chez CSA

Gagnant-gagnant

Une situation gagnant-gagnant qui permet aussi d'obtenir du personnel qualifié et immédiatement opérationnel lors d'une hausse importante de l'activité. Chez Optimum, le leader européen des portes de placard, la demande a explosé après le confinement. 

Là on a malheureusement pour l'aéronautique la possibilité de récupérer des compétences en prêt. Il faut les utiliser. [...] si on est pas solidaires dans ces moments-là, on ne le sera jamais."

Jean-Luc Guéry - président d'Optimum

Une dizaine d'entreprises seulement a décidé de tenter l'aventure du prêt de salariés en Lot-et-Garonne. Mais le système semble séduire de plus en plus et se démocratiser. 
 
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