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Le compte suisse de Cahuzac : Hollande a pu être informé entre le 4 et le 18 décembre

© MAXPPP
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C'est ce que Charles de Courson de l'UDI, président de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Cahuzac, a assuré ce jeudi. Sur Europe 1, l'élu centriste a assuré que sa commission avait " beaucoup progressé " sur la question de la date à laquelle le chef de l'Etat avait su.

Par Hélène Chauwin

" Il semble que le président a pu être correctement informé quelque part entre le 4 décembre (ndlr: date de la révélation du site Mediapart) et le 18 décembre ", veille de l'ouverture de l'information judiciaire, a dit M. de Courson.
Ce dernier a cité Edwy Plenel. Le patron du site d'information a déclaré lors de son audition par la commission, qu'il semblait que l'avocat Jean-Pierre Mignard, " un ami personnel " de M. Hollande, avait informé le président " autour du 4-5 " décembre.
Charles De Courson sur Europe 1 : "Cahuzac a été arrogant"



Dans une interview à i>TELE, à la fin mai, Me Mignard, qui est aussi l'avocat du site d'information Mediapart, avait confirmé les déclarations de M. Plenel. L'avocat avait ainsi confié que le président Hollande l'avait interrogé sur les informations révélées par le site Mediapart début décembre.
" C'est lui qui s'interrogeait, c'était un homme vraiment choqué, bouleversé par une nouvelle de cette nature (...) il avait une certaine incrédulité ", avait raconté Me Mignard, qui avait daté ses conversations avec le chef de l'État au moment de la parution des informations de Mediapart, soit vers le 5 décembre.
" L'obsession de François Hollande, c'était: +Je veux des preuves.+ (...) Je pense qu'il ne pouvait pas se séparer de ce ministre sans des preuves ", avait ajouté Me Mignard.

" Il m'a dit: +S'il y a des preuves, dans la minute, il dégage+ "

Le rapporteur de la commission d'enquête parlementaire, Alain Claeys (PS) ne partage pas cette opinion. Interrogé sur les déclarations de M. de Courson, il a répondu que ce dernier  " avait peut-être manifesté un excès de précipitation " et devrait faire état de " toutes les explications données lors des auditions ", notamment celles d'Alain Zabulon, directeur de cabinet adjoint de M. Hollande.

Lors de son audition, M. Zabulon a affirmé avoir prévenu le 15 décembre M. Hollande de l'existence d'une bande enregistrée provenant de Michel Gonelle, ancien maire RPR de Villeneuve-sur-Lot, sur laquelle une voix attribuée à M. Cahuzac avouait détenir un compte en Suisse.
Le directeur de cabinet adjoint a ainsi relaté son entretien avec M. Hollande : " Le président de la République est très attentif, demande ce que j'en pense. A la fin, il me dit: +Si vous avez un nouveau contact avec M. Gonelle, dites-lui que ces informations doivent être sans délai apportées à la connaissance de la justice+ et ne me donne aucune autre instruction.

M. Claeys renvoie  la faute sur Michel Gonelle

" Si Michel Gonelle, en possession de l'enregistrement depuis 2001, avait saisi la justice depuis le début, nous n'en serions pas là aujourd'hui ",




 Il a par ailleurs noté que la commission allait entendre à nouveau M. Gonelle début juillet, à une date restant à fixer, et lui redemander la lettre manuscrite à l'attention de M. Hollande évoquée lors de sa première audition.
M. Claeys a aussi insisté sur le fait que, " depuis que la justice a été saisie de l'affaire Cahuzac, elle a pu travailler dans un climat apaisé et sans entrave ".

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