Un ancien militaire et une femme jugés à Agen pour deux assassinats

Raymond Térématé encadré par le GIGN lors de son procès à Agen. / © France 3 Aquitaine
Raymond Térématé encadré par le GIGN lors de son procès à Agen. / © France 3 Aquitaine

Raymond Térématé, 28 ans, doit répondre de  l'assassinat par arme à feu, de deux hommes, sur fond de trafic de drogue. Il comparaît à partir de ce lundi devant la cour d'assises du Lot-et-Garonne. Sur le banc des accusés également, une femme qui aurait commandité l'un des deux meurtres. 

Par Hélène Chauwin avec l'AFP

Vêtu d'un survêtement gris, barbe naissante et silhouette trapue, l'ancien militaire d'origine hahitienne s'est installé dans le box peu après 9h. Déjà condamné pour violence et séquestration, il rejette les accusations. 

 / © Patrick Gozzo
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Visage émacié, cheveux retenus en chignon, Bérengère Jappet-Granon est soupçonnée d'avoir demandé à son complice présumé de tuer son compagnon et père de ses deux enfants.

Les faits se sont produits entre fin 2009 et avril 2010. Une première victime, Hakim Aïssa, avait disparu au moment de Noël 2009. Il avait réveillonné avec Bérengère Jappet-Granon et son compagnon, dans leur maison de Saint-Eutrope-de-Born, près de Villeneuve-sur-Lot. Raymond Térématé, qui logeait alors chez le couple, était également présent. 



Trafic de drogue et adultère



Le corps d'Hakim Aïssa n'a jamais été retrouvé. Les enquêteurs estiment qu'il a été brûlé. Des restes calcinés ont été découverts non loin de la maison.
Au cours de l'enquête, les gendarmes ont constaté une autre disparition, celle du compagnon de l'accusée, en mars 2010. Son cadavre a finalement été retrouvé le 6 avril suivant dans un bois, là encore près de la maison du couple.

Les faits se seraient produits sur fond de trafic de drogue. Selon les éléments de l'enquête, les quatre protagonistes étaient liés par un trafic de cannabis dirigé par Aïssa. L'instruction a également démontré que Raymond Térématé et Bérengère Jappet-Granon avaient été, à quelques reprises, amants.

Lundi matin, la cour s'est penchée sur la personnalité de Raymond Térématé, né à Papeete, carrossier de formation, père de cinq enfants qu'il n'a jamais reconnus et engagé volontaire dans l'armée à 19 ans dans les chars de combat. Il quitte en 2006 l'armée où il était apprécié pour ses aptitudes physiques, un supérieur le décrivant comme "motivé et d'humeur égale, mais qui mérite un suivi bienveillant et d'être guidé avec fermeté". 

Le procès, qui doit s'achever vendredi, se tient notamment en présence de quatre membres du groupe d'intervention de la police nationale (GIPN) en raison du profil de l'accusé : présenté comme imprévisible, il a multiplié les incidents en détention, comme l'inondation et l'incendie volontaires de sa cellule.

Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Procès Tahiti, rappel des faits



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