Manifestations contre la loi de "sécurité gobale" : une dizaine de rassemblements prévus en Aquitaine

Ce samedi, les opposants à la proposition de "sécurité globale" vont manifester dans toute la France. Des rendez-vous sont organisés dans plusieurs villes de Nouvelle-Aquitaine. A Bordeaux, près de 3000 personnes se sont réunies. 

Près de 3000 personnes se sont réunies ce samedi, pour dénoncer le projet de loi de "sécurité globale".
Près de 3000 personnes se sont réunies ce samedi, pour dénoncer le projet de loi de "sécurité globale". © J-M Litvine / France 3 Aquitaine

Sur les 80 rassemblements prévus dans toute la France, une dizaine sont organisés ce samedi 16 janvier dans presque tous les départements d’Aquitaine. 

"Le gouvernement prend des mesures liberticides "

Malgré "une mobilisation sans précédent pour la défense des libertés, le gouvernement a opposé une fin de non-recevoir", regrette, dans son appel à manifester, la coordination. Celle-ci regroupe des associations comme La Ligue des droits de l'Homme et Amnesty, ainsi que de nombreux syndicats et associations, de journalistes et réalisateurs notamment. 

Elles exigent toujours le retrait de plusieurs dispositions, à commencer par l'article 24, qui pénalise la diffusion malveillante d'images des policiers.

Le collectif, qui demande à être reçu par le président Emmanuel Macron, cible également les articles 21 et 22 sur l'usage des caméras-piétons et des drones par les forces de l'ordre, et du "nouveau schéma national du maintien de l'ordre" (SNMO), régulièrement invoqué par les forces de l'ordre pour limiter la couverture médiatique des manifestations.
Le gouvernement prend des mesures liberticides dans un contexte social et économique qui se dégrade.

Stéphane Obé, secrétaire départemental de la CGT Gironde

La proposition de loi, déjà votée en première lecture à l'Assemblée nationale, doit être examinée en mars au Sénat. "Les enjeux sont majeurs. Ils touchent au respect même de l'État de droit" et du contrôle des autorités "par les citoyens, le Parlement, la justice et la presse", soulignent les associations, qui ajoutent que "les mesures de surveillance de la population doivent, elles, demeurer l'exception".


Une dizaine de rassemblements

Dans le Lot-et-Garonne, Agen organisait dès 10 h un rassemblement en soutien au monde de la culture. Parmi les manifestants, des cinémas indépendants ainsi que des acteurs du spectacle vivant. Le mouvement devrait se prolonger avec une manifestation, place Jasmin, à 14 h. 

Deux manifestations également à Bayonne et Pau, à 10 h 30. A Pau, près de 200 personnes ont défilé entre la place de Verdun et la Préfecture. Le maire de Billère, mobilisé depuis le début, faisait partie du cortège. Un cotège similaire à Bayonne où 180 personnes se sont rassemblées.

"Nous voulons défendre la démocratie et les droit démocratiques. Cette loi controversée aboutit à renforcer les contrôles et dernièrement, le fichage des militants politiques et syndicaux. Pour assurer la sécurité, nous n'avons pas besoin de nouvelle loi, mais de moyens", martèle Jean-Yves Lalanne, le maire de Billère.

Près de 200 personnes ont manifesté dans les rues de Pau, ce samedi 16 janvier.
Près de 200 personnes ont manifesté dans les rues de Pau, ce samedi 16 janvier. © France 3 Nouvelle-Aquitaine

Même mouvement à Périgueux, à 14 h 30, sur la place de l’Arbre de la Liberté. À quelques kilomètres, un second rassemblement est organisé à Sarlat., dès 10h.

En Gironde, la manifestation a débuté à 14 h 30, place de la République. Comme dans plusieurs autres villes de France, les manifestants ont été rejoints par des "teufeurs" issus des "free parties".  Parmi leurs revendications : "le droit à la culture" et la dénonciation d’une "répression disproportionnée" après la rave party de Lieuron, qui avait réuni plus de 2000 personnes au Nouvel An. 

Ils étaient près de 3 000 cet après-midi à Bordeaux. Et si le mouvement est global, deux cortèges se sont distingués : l'un avec les syndicats et l'autre, plus festif, composés de "teufeurs".

Comme depuis plusieurs semaines, la préfecture de Gironde a interdit les manifestations dans l’hyper-centre de Bordeaux, entre les quais et le cours d’Albret, et entre le cours Victor Hugo et une partie de la place des Quinconces. Une disposition qui permet donc aux manifestants de se rassembler, de l’autre côté de la place, avant d’entamer la manifestation.

 

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