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Municipales 2020 - Les écologistes divisés à Poitiers et stratégiques à La Rochelle

Les deux listes écologiques de Poitiers ne sont pas parvenues à trouver un accord de fusion dans cet entre-deux-tours des élections municipales, laissant le champ (presque) libre à Alain Claeys. À La Rochelle, un accord devrait sans surprise être trouvé entre EELV et Jean-François Fountaine.

hôtel de ville - La Rochelle / Poitiers
hôtel de ville - La Rochelle / Poitiers © Xavier Léoty - B. Bönsch - MaxPPP
Les écologistes pictaves sont-ils en train de passer à côté d’une occasion inespérée de prendre la mairie de Poitiers ? Visiblement, oui.

Comme nous vous en parlions en mai dernier, arithmétiquement parlant, une union des deux listes écologiques (Poitiers Collectif et Osons Poitiers 2020) avait de grandes chances de les faire gagner.

Mais ce jeudi soir, un communiqué de presse signé Osons Poitiers 2020 mettait un terme à toute collaboration future :

Bien avant la date de dépôt des listes pour le second tour, Poitiers Collectif refuse la main tendue par Osons 2020. Osons regrette vivement cette décision unilatérale. Celle-ci confisque la possibilité de faire gagner l’écologie sociale à Poitiers.
- Osons Poitiers 2020 (communiqué)

Le désaccord ne vient pas d’un blocage programmatique, puisqu’il n’y a même pas eu le moindre début de commencement de négociation entre les deux listes. En effet, c’est un vote interne au sein de Poitiers collectif, en début de semaine, qui a tout simplement interdit le moindre rapprochement.

Les uns parleront de libre choix démocratique, loin de tout cynisme politique. Les autres relèveront une immaturité politique et les ravages d’une guerre des ego. Certains loueront la détermination de Poitiers Collectif, d’autres pointeront du doigt une trop forte confiance en soi de cette liste qui, sans les électeurs de Osons 2020, aura beaucoup de mal à battre Alain Claeys, le maire socialiste sortant, qui brigue un troisième mandat d’affilé. Lors de sa conférence de presse ce jeudi, Léonore Moncond'huy a tenu à expliquer qu'une violence verbale dans cette campagne a joué contre la fusion :

Quand on veut se marier avec quelqu'un, on ne s'oppose pas à lui.Il n’y aura donc pas d’accord avec Osons 2020. On veut que la politique soit synonyme de confiance. Les histoires de personnes n’y sont absolument pour rien."


Tout se jouera donc sur le choix des électeurs de Christiane Fraysse : voter ou ne pas voter ? Voter Léonore Moncond’huy ? Voter blanc, nul ? Ou voter Alain Claeys, dont le programme a bigrement verdi depuis ce début de campagne électorale ? Quoiqu’il en soit, le risque de défaite des écologistes pictaviens est grand et depuis hier, le maire sortant (qui a mis fin aux tractations avec la liste LREM d’Anthony Brottier pour cause de désaccord sur le nombre d’intégrations et parce qu’il souhaitait un retrait de liste et non une fusion) doit beaucoup mieux dormir. Une union écologiste aurait en effet créé une dynamique et aurait mené le tempo politique. Des armes quasi imparables dans une campagne électorale. Au lieu de ça, la division reste le quotidien de l’écologie politique dans la capitale poitevine. À La Rochelle, les écologistes peuvent aussi être divisés, mais une seule liste était en course. Menée par Jean-Marc Soubeste et forte de 16,7% des suffrages à l’issue du premier tour, elle place le collectif écologiste en troisième place derrière Olivier Falorni et Jean-François Fountaine.

Ce mardi, un vote interne devait décider quelle attitude adopter : conduire une liste autonome au second tour, ou poursuivre les pourparlers avec Jean-François Fountaine.
C’est ce dernier choix qui a été décidé. Les discussions ont donc repris entre le maire sortant et Jean-Marc Soubeste. Un choix qui pourrait désavantager Olivier Falorni. Selon ce dernier, c’est exactement le contraire qui se passer.

On va avoir une addition négative. Parfois en politique, moins plus moins, ça fait moins. - Olivier Falorni

Sur le papier en tout cas, c’est une stratégie qui pourrait permettre aux écologistes de figurer une nouvelle fois dans la majorité municipale et avoir ainsi un pouvoir politique.

À Poitiers, ce sera plutôt mission impossible.
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