Noël en Poitou-Charentes : mini-bûches et faits-maison, le confinement transforme les habitudes

Confinement, restriction à 100 km, couvre-feu ou liberté totale : l'organisation des fêtes de Noël, cette année, est encore brumeuse. Mais certains ont déjà pris les devants : cette année, Noël se célèbre en petit comité.
Cette année, le confinement change les habitudes des Poitevins pour la période des fêtes.
Cette année, le confinement change les habitudes des Poitevins pour la période des fêtes. © Unsplash / Page Cody
Cette année, Noël risque fort de ne pas ressembler aux grandes tablées familiales et aux pieds de sapins recouverts de cadeaux. Mais l'esprit de Noël n'a pas disparu pour autant. De nombreux Poitevins ont déjà pris les devants pour passer de joyeuses fêtes, confinés ou pas.

Mini-bûche

D'ordinaire, la table de Noël est un lieu de rassemblement. Grands-parents et cousins éloignés se retrouvent pour un repas, qui ne peut se terminer sans la traditionnelle bûche de Noël. 

Mais cette année, les tablées risquent d'être réduites au cercle familial proche. À Niort, la pâtisserie Cathala a anticipé le changement. "Cette année, on va plutôt partir sur des bûches de 4 à 5 personnes", explique Blandine Cathala, la co-gérante de la pâtisserie-chocolaterie. Les années précédentes, les bûches de 8 à 10 personnes étaient privilégiées. Et l'idée semble faire mouche. Alors que leur carte des bûches ne devrait paraître qu'en fin de mois, les demandes s'accumulent déjà. "Pour nous, Noël est évidemment une période importante économiquement. Là, on n'a qu'une boutique d'ouverte, mais sans le confinement, on aurait cartonné", imagine la gérante. 

Du côté de Poitiers, la Petite France préfère prendre son temps. "On commence à préparer les bûches que trois-quatre jours avant les fêtes. Donc ce n'est pas à l'ordre du jour", précise Claude Lafond, le patron de la boulangerie-pâtisserie. Et s'il ne s'inquiète pas, c'est que le pâtissier décline ses modèles depuis des années dans toutes les tailles. 

Un sapin dans chaque foyer

Et si les retrouvailles ne seront pas à l'honneur pour ces fêtes, le sapin, lui, devrait faire office de totem. À Saint-Bonnet-sur-Gironde, Gaëlle Bugnon et sa famille partagent leurs ventes de sapins entre professionnels et particuliers. "Côté professionnels, les commandes sont stables. Mais côté particuliers, on reçoit déjà des appels pour réserver des sapins", explique la pépiniériste. Chaque année, elle vend 12.000 sapins, dont 300 en vente directe.

Si la peur d'une rupture de stocks est parfois avancée, c'est surtout la multiplication des lieux de fêtes qui explique cette augmentation. "Comme les gens ne vont pas pouvoir se retrouver, il va forcément y avoir plus de foyers qui fêtent Noël, et donc plus d'arbre à décorer", sourit la jeune femme.Pour l'heure, les professionnels de la filière attendent un arrêté qui leur permettrait de faire de la vente directe, sur les marchés ou en extérieur, dès le 20 novembre.

Changer ses habitudes

Fêter Noël en confinement, la situation a poussé certaines familles à revoir leurs habitudes. Et certaines profitent de ce changement de plans pour transformer leur traditionnel repas de Noël. "Cette année, on va rester chez nous. Je ne sais pas si on pourra faire venir nos enfants. L'un de nos fils, qui habite à Paris, nous a d'ores et déjà annoncé qu'il ne viendrait pas, pour ne pas nous contaminer", explique un couple de retraités pictaviens. 

Mais pas question de s'apitoyer pour autant. "Avec la technologie, on n'est pas complètement séparés. On prendra le dessert en FaceTime par exemple !", sourit Marie, l'épouse. 
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Noël connecté ou Noël fabriqué. Avec plus de temps libéré par le confinement, certains s'attellent déjà aux cadeaux. Une anticipation bien vue quand il s'agit de faire ses cadeaux soi-même. Sur les réseaux, de nombreux sites proposent de fabriquer son Noël, de la décoration aux cadeaux, en passant par le repas. Une jolie façon de tordre le coup à l'image consumériste de Noël.
 
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