Plusieurs accidents graves dans les usines Seveso d'Aquitaine ces dernières années

L'explosion de produits pyrotechniques sur ce site de stockage de l'entreprise Brezac Artifices en Dordogne en juin 2016 avait provoqué la mort de deux personnes, dont le responsable du site / © N.Pressigout/F3Aquitaine
L'explosion de produits pyrotechniques sur ce site de stockage de l'entreprise Brezac Artifices en Dordogne en juin 2016 avait provoqué la mort de deux personnes, dont le responsable du site / © N.Pressigout/F3Aquitaine

Plus de 80 sites industriels sont classés Seveso en Aquitaine, dont 53 en seuil haut. Certains ont connu des incidents plus ou moins graves, explosions ou incendies. Certains ont été mortels.

Par CA

La DREAL, direction régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement, a établi une liste de l'ensemble des établissements classés Seveso en Aquitaine.

On distingue les sites classés en seuil haut, où les risques encourus sont les plus élevés, et ceux en seuil bas. Le classement est réalisé en fonction des quantités et des types de produits dangereux stockés ou utilisés.

La liste, établie en 2017, fait état de 47 entreprises Seveso seuil haut et de 37 en seuil bas.
 
La carte des sites classés SEVESO établie par la DREAL en 2017 / © DREAL
La carte des sites classés SEVESO établie par la DREAL en 2017 / © DREAL


C'est en Gironde, département le plus industrialisé d'Aquitaine, que l'on trouve le plus de sites à risques (15 en seuil haut, 20 en seuil bas). La plupart de ces entreprises travaillent dans le domaine pétrochimique, les autres ont un lien avec la pyrothechnie.  

Tous les sites SEVESO, présentant des risques industriels majeurs et nécessitant un haut niveau de prévention, sont régulièrement contrôlés par les inspecteurs de la DREAL.

Leurs plans d'urgence, dans lesquels sont recencés les scénarii d'accidents possibles, leurs effets et les stratégies de prévention et de lutte, sont testés et réexaminés tous les trois ans.
 

Trois accidents mortels depuis 2004


En 2004 à Villeneuve-sur-Lot
Le 1 er juin 2004, une explosion survient dans une usine de fabrication de feux d'artifices à Villeneuve-sur-Lot, en Lot-et-Garonne.

Deux salariés de 32 et 39 ans sont tués alors qu'ils sont en train de mélanger des explosifs. Le souffle provoqué par l'explosion détruit à 100% l'atelier dans lequel ils se trouvent ainsi qu'un bâtiment proche. Les vitres des maisons voisines ne résistent pas. 

La partie fabrication de l'usine fermera un an plus tard et l'activité sera recentrée sur le stockage et la vente de feux d'artifices.

En 2013 à St-Médard-en-Jalles
Le 5 décembre 2013, c'est un incendie qui est à l'origine du décès d'un employé du groupe Safran en Gironde. 

Sur le site de St-Médard-en-Jalles du groupe aéronautique, on construit des moteurs à propergol. Ce produit de propulsion est extrêmement inflammable. Il permet notamment de lancer les fusées Ariane ou des missiles balistiques. 

L'incendie est rapidement maîtrisé par les pompiers mais trois salariés sont très gravement brûlés. L'un d'entre eux décèdera à l'hôpital quelques heures après le drame.

En 2016 à Monfaucon
Le 29 juin 2016, deux agents d'une entreprise de pyrotechnie sont tués en Dordogne

Ils sont en train de décharger une cargaison de 40 kilos d'explosifs sur un site de stockage, à Monfaucon près de Bergerac. Parmi les victimes se trouve le responsable du dépôt.

Ces trois accidents mortels ont eu lieu malgré les mesures de précaution drastiques imposées aux entreprises classées Seveso, des mesures régulièrement révisées et réactualisées.
 

Drame frôlé à Bassens après une imprudence


Les habitants de Bassens en Gironde, où se trouvent plusieurs usines pétrochimiques à risque, sont réveillés par deux très fortes déflagrations ce 3 avril 2016 au matin.

Elles proviennent de la société CD Trans, une entreprise spécialisée dans le transport de produits dangereux (gaz et hydrocarbures).

C'est un camion-citerne contenant du gaz qui a explosé et provoqué l'explosion de trois autres véhicules garés sur le même parking. 

Le souffle projette des morceaux de métal sur plusieurs centaines de mètres. Quatre pompiers sont blessés lors de l'intervention mais les riverains et les salariés du site sont indemnes. Un miracle selon la Sepanso qui porte plainte.

CD Trans est condamnée pour manquements aux règles de sécurité sur un site classé Seveso. Elle écope d'une amende de 150 000 euros dont 50 000 avec sursis. 

Ses camions garés sur le parking de la société ne devaient pas contenir plus de 10% de produits dangereux dans leurs citernes. Ce n'était pas le cas. 

Les riverains ont eu ce jour là une énorme frayeur.

Dans ce secteur de Bassens et du Bec d'Ambès entre Garonne et Dordogne, 36 établissements sont répertoriés comme présentant des dangers et six sont classés Seveso. 

Les risques y sont nombreux : explosion, incendie ou rejets de produits toxiques dans l'air, l'eau ou dans le sol.



 

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