Bayonne : l'affaire de corruption des permis de conduire continue de secouer la ville

© FTV
© FTV

L'affaire de corruption liée à des permis de conduire continue d'éclabousser la ville de Bayonne. Après celle d'un fonctionnaire de la sous-préfecture bayonnaise, deux autres personnes ont été mises en examen pour "corruption". Le Biarritz Olympique s'est constitué partie civile dans le dossier.

Par Julie Chapman

Depuis plus d'un mois, la ville de Bayonne est secouée par un scandale de corruption. Un fonctionnaire de la préfecture a été mis en examen, fin janvier, pour "corruption passive". Deux autres personnes, dont l'élu biarrot, Michel Poueyts, ont également été mis en examen.

"Tous ceux qui me connaissent, savent les valeurs d’humanisme et de probité qui sont les miennes et qui ont conduit mon action publique durant toutes ces années", s’insurgeait l'adjoint au maire de Biarritz, dans un communiqué.

Les premiers éléments de l'enquête révèlent que ce fonctionnaire, Philippe Aguerre, aurait pendant près de dix ans, manipulé le système informatique du service des permis de conduire, en échange de places pour des matches de rugby, de maillots dédicacés ou de repas.

Parmi les fraudes recensées, l'enquête dénombre des restitutions de points, ajouts de catégorie, et impressions de nouveaux permis de conduire. Au total, 47 fraudes ont été recensées pour presque autant de bénéficiaires.
 

Célébrités locales


Selon Maître Emmanuel Zapirain, l'avocat de Philippe Aguerre, il s'agirait de sportifs, de représentants de police ou de chefs d'entreprises, influents dans la région.

"Mon client a été influencé par la célébrité de ces personnes", détaille l'avocat du mis en examen.

Il plaide d'ailleurs pour une remise en liberté de son client, en comparaison avec les autres personnes auditionnées. Mis en détention depuis le 24 janvier pour "fraude passive", il en est sorti mais Philippe Aguerre est encore aujourd'hui sous contrôle judiciaire.

"J'ai été très étonné de voir que mon client restait en détention alors que d'autres ont été entendus dans le cadre de l'enquête et n'ont pas été dans le même cas", explique Emmanuel Zapirain.
 

Biarritz Olympique visé


Selon les éléments de l'enquête, un ou plusieurs membres du Biarritz Olympique auraient bénéficié de ces largesses en échange de places de matchs. En réponse, le club s'est constitué partie civile, mardi 18 février, qualifiant "d'inimaginable" l'implication du club dans cette affaire.

"Chaque salarié signe une clause d'éthique dans son contrat qui l'empêche de commettre des infractions pénales avec des objets du club. Si l'un d'entre eux est coupable, il s'agit pour nous d'une véritable trahison", explique Olivier Couleau, l'avocat du club.

Le club est donc "très inquiet" de cette affaire et "réclamera des réparations", dans le cas où la faute d'un de ses salariés serait avérée.


 

Sur le même sujet

Les + Lus