Le pôle espoir paracycliste d'Urt au pays basque : une pépinière de champions

Publié le Mis à jour le
Écrit par C.A. avec I. Carpentier et R.Poissonnier à Urt
Dorian Foulon, licencié au pôle espoir paracycliste d'Urt au pays basque, sacré champion paralympique de la poursuite individuelle à Tokyo
Dorian Foulon, licencié au pôle espoir paracycliste d'Urt au pays basque, sacré champion paralympique de la poursuite individuelle à Tokyo © FTV Sport

Dorian Foulon et Alexandre Léauté sont tous les deux champions olympiques de poursuite individuelle. Et tous les deux licenciés au pôle espoir paracyclisme d'Urt près de Bayonne. Un club à 100% derrière ses jeunes sportifs grâce à la mobilisation d'une équipe de professionnels bénévoles.

"C'est plus qu'un rêve, ça fait longtemps qu'on travaille pour ça et là aujourd'hui ça se concrétise". Dorian Foulon n'a pas tardé à fondre en larmes ce vendredi 27 août sur la piste du vélodrome d'Izu une fois l'exploit réalisé.

 


Il termine son 4000 mètres de poursuite individuelle en 4'20" et décroche l'or paralympique.

 

 

"Je me suis jamais fait aussi mal sur le vélo, j'y ai cru, j'ai été confiant. Je pense énormément à mon coach, elle est pour toi ! Elle est là Chris !" lance t-il à Christophe Dizy, son coach resté au pays basque.

Cela fait 7 ans qu'il travaille avec lui à Urt, à quelques kilomètres à l'est de Bayonne où a été créé le pôle espoir paracycliste en 2014. Là où s'entraîne aussi Alexandre Léauté, l'autre champion olympique sacré la veille sur la même piste.

 

 

Christophe Dizy a suivi les courses de ses deux jeunes protégés devant le grand écran du pôle, en compagnie de toute l'équipe qui entoure les champions.

"L'objectif c'était pas d'être sélectionné, c'était de ramener un titre. Aujourd'hui c'est réalisé avec un titre chacun. Pour l'instant il y en a un, j'espère qu'il y en aura d'autres" sourit-il, ému et fier.

 

 

"Fier pour les garçons, c'est avant tout leur victoire. Ils le méritent, ce sont des travailleurs, ils ont ça dans le sang. Le vélo c'est leur truc et le haut niveau ils en raffolent. Dès qu'ils sont sur deux roues, c'est plus les mêmes hommes"

 

"Ca va les gars ? Il est quelle heure chez vous ?" "21h36, on a mangé, on va aller se faire masser et après dodo" répond Dorian en visiophone depuis le Japon. Dans quelques heures, ils seront en piste pour l'épreuve de la vitesse par équipe. Là aussi ils visent une médaille.

Se surpasser malgré l'invalidité

"Ca fait 7 ans qu'on travaille avec Dorian, 3 ans avec Alexandre au pôle. Ici toute une équipe de professionnels travaillent bénévolement au service de ces deux grands champions" nous explique Christophe Dizy. Lui est l'entraîneur, "le coordinateur, le chef d'orchestre" comme il se définit, mais il y a aussi une préparatrice mentale, un préparateur physique, un kiné, un podologue et toute une équipe médicale autour de ces sportifs qui doivent se surpasser malgré leur handicap.

Dorian a une atrophie musculaire de la jambe gauche. "J'ai un pied bot. Je pédale avec l'équivalent d'une jambe et demi avec 75% en moins au niveau du mollet et 34% au niveau de la cuisse. Je chausse du 46 à droite et du 41 à gauche" dit-il dans un reportage que lui ont consacré nos confrères de FTV Sport. Cela ne l'a pas empêché de remporter des titres sur piste comme sur route, en compétition handisport mais aussi confronté à des sportifs valides.

Quand à Alexandre, il est hémiplégique du côté droit suite à un AVC à la naissance. "Je n'ai pas de sensation au toucher, pas de chaud, pas de froid. Avec mon entraîneur on a fait un système où les freins et les passages de vitesse sont à gauche. Mon bras droit est juste posé sur le cintre". Il enchaîne les médailles...

 

Un formidable exemple pour toutes les personnes souffrant de handicap

Au pôle espoir d'Urt, on espère que ces médailles et cette exposition médiatique exceptionnellement importante cette année (100 heures de direct sur France Télévision) vont permettre de dynamiser le handisport. 

"Ca va certainement contribuer à faire connaître nos champions, notre mouvement, nos structures et la fédération.

Dire à d'autres jeunes, aux parents que ce n'est pas parce qu'on est en situation de handicap qu'on ne peut pas pratiquer de sport. J'espère que ça va les inciter à s'y mettre et à nous rejoindre"

nous confie Christophe Dizy, plein d'espoir.

A Urt, il accueille des jeunes sportifs venus de toute la France. Ils sont détectés en amont, dans leurs clubs, par la fédération française de handisport. Des clubs qui pourraient bien voir grossir le nombre de leurs licenciés en cette rentrée post paralympiques.

 

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