Pays-Basque : un an après la dissolution de l'ETA, des questions demeurent

Le 3 mai 2018, l'ETA annonçait sa dissolution finale, mettant fin à 60 ans d'existence. Un an après, les questions des prisonniers et des victimes de l'organisation terroriste restent encore d'actualité.

Des soutiens de la gauche nationaliste basque demandent l'amnistie des prisonniers d'ETA, le 4 mai 2018.
Des soutiens de la gauche nationaliste basque demandent l'amnistie des prisonniers d'ETA, le 4 mai 2018. © J.Herrero/MAXPPP
Le travail n'est pas tout à fait terminé. Alors qu'une année s'est écoulée depuis la dissolution de l'ETA, certaines interrogations n'ont pas trouvé de réponse. Impossible d'effacer 60 ans d'existence, 829 morts, et de nombreux actes violents d'un revers de la main.
 

ETA sous la dictature

Euskadi ta Askatasuna (pour Pays Basque et liberté), ou "ETA" a été créée en 1959 par cinq dissidents du Parti nationaliste basque, alors que Franco régnait en dictateur sur l'Espagne. Cette organisation se bat pour obtenir l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre, non sans violence. En 1968, elle orchestre son premier attentat mortel sur un policier espagnol, et en 1970 son premier enlèvement. L'ETA réussit même à tuer l’amiral Carrero Blanco, chef du gouvernement du général Franco. 
 

Guerre sale et période noire

Après la mort du dictateur, l'organisation terroriste s'organise et créé Herri Batasuna, son bras politique en 1978. Puis l'autonomie du Pays Basque espagnol est approuvée en 1980. Mais l'Espagne engage des mercenaires pour assassiner des membres de l'ETA : 14 d'entre eux seront tués jusqu'en 1987 au cours de la "guerre sale".

Entre 1987 et 1997, l'organisation terroriste vivra son époque la plus meurtrière, et organisera plusieurs attentats qui feront de nombreuses victimes. Le plus terrible a lieu en 1987: 21 personnes meurent et 45 sont blessées dans l’explosion d’une voiture piégée dans les sous-sols d’un grand magasin, l’Hipercor de Barcelone, en Catalogne. 
 

Négociations et processus de paix

Suite à cette période, l'ETA devient de moins en moins active et commence à négocier une trêve avec le gouvernement espagnol. Mais elle continuera ses attentats jusqu'au 5 septembre 2010, où elle annonce enfin avoir mis un terme à ses "actions offensives armées".

Pendant sept ans, de 2011 à 2018, l'organisation entame un processus de paix au Pays Basque et un désarmement total. Finalement, au terme de longues négociations, le 3 mai 2018, la dissolution de l'ETA est officiellement annoncée.
 
 

Et après ?

Mais qu'en est-il des victimes, des prisonniers basques toujours retenus en Espagne, de certains membres dans la nature ? Ces points-là restent à éclaircir, afin d'éviter qu'un nouveau conflit ne démarre. De nombreuses personnes souhaitent que les détenus basques soient rapatriés des prisons espagnoles vers celles françaises. Quant aux victimes, comment les dédomager ?

Alors que Paris et Madrid ne semblent pas pressées d'avancer dans cette affaire, il faudra surtout faire des compromis pour satsfaire les deux parties. 300 membres de l'ETA sont détenus en France, en Espagne et au Portugal, et 85 à 100 de ses militants sont toujours en fuite.

 
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