Cet article date de plus de 7 ans

Pau : le doute persiste sur l'authenticité de la découverte de la tête de Henri IV

Depuis la découverte d'un crâne, chez un brocanteur, il y a deux ans, les avis divergent sur la parenté avec le Roi Henri IV. La Révolution française avait profané la basilique des rois, celle de Saint-Denis à Paris. Il ne restait que le corps du bon Roi Henri, la tête avait disparu. 

La reconstruction faciale avec un logiciel utilisant les algorithmes du FBI jettent un peu plus le trouble. L'image en 3 dimensions a une ressemblance avec tous les portraits et représentations de l'époque. Pourtant certains contestent la certitude scientifique.
La reconstruction faciale avec un logiciel utilisant les algorithmes du FBI jettent un peu plus le trouble. L'image en 3 dimensions a une ressemblance avec tous les portraits et représentations de l'époque. Pourtant certains contestent la certitude scientifique. © France 3 aquitaine
Un brocanteur avait acheté aux enchères la relique pour 3 francs. Toute sa vie, il n'aura de cesse de démontrer que le crâne est celui d'Henri IV. Mais il ne peut se fonder sur des preuves scientifiques dures, les méthodes ne sont pas aussi pointues que maintenant. L'évolution technologique en matière de génétique donne de l'espoir au nouveau détenteur de la relique royale. Elle arrive dans les mains d'un scientifique après moults rebondissements, Philippe Charlier, médecin légiste y travaille.

L'identification du crâne donne des certitudes sur l'origine

En décembre 2012, Philippe Charlier affirme haut et fort que la paternité du crâne a été certifiée et qu'il s'agit bien de la tête en partie momifiée de Henri IV. Il étoffe sa prétention sur des travaux conjoints avec une équipe espagnole. Le français prélève du sang séché au fond de la gorge de la relique, il fait comparé avec des fragments de sang séchés de Louis XVI, détenus par les chercheurs espagnols. Pas de doute pour le français, la tête est bien celle du Roi Henri IV, émoi dans le milieu scientifique, puis des historiens, enfin à Pau, lieu de naissance de l'illustre monarque. Malgré sept générations entre les deux souverains, les échantillons de sang ont tellement de concordances en matière d'ADN que le doute ne peut plus subsister.



Le doute s'installe sur la méthode scientifique

Deux experts en empreintes génétiques auprès des tribunaux conteste la méthode. En effet, le docteur Olivier Pascal conteste les résultats, à cause de la méthode, les chercheurs se sont essentiellement intéressés au chromosomes Y, alors que les éléments de la recherche proviennent d'individus mâles. Pour corroborer la contestation, le Professeur Cassiman prend la méthode convenue, à savoir la recherche des points communs dans la lignée maternelle, comme dans la recherche scientifique criminelle. Un échantillon de sang est prélevé sur une descendante des Bourbons, Anne de Roumanie, en lignée directe avec la mère de Henri IV. Or, la méthode plus conventionnelle démontre aucune relation entre les éléments extraits du sang prélevé sur la tête en partie momifiée et la descendance vivante .

Est-ce ou n'est-ce pas la tête de Henri IV ? Là est la question... En tout cas la méthode de reconstruction faciale pratiquées sur la base de ce crâne, retrouvé après de très longues recherches, donne un visage en 3 dimensions troublant de ressemblance avec les portraits et statues du souverain palois. Le débat continue, la polémique scientifique de contestation a pour effet de pousser vers de nouvelles méthodes, contesté Philippe Charlier doit redoubler de rigueur dans l'usage d'autres procédés et concepts scientifiques pour soutenir sa prétention.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
insolite recherche histoire