Pollution du Bassin de Lacq : la Sepanso dénonce le "silence scandaleux" des pouvoirs publics

L'association écologiste Sepanso a dénoncé hier, lundi, l'inaction et "le silence scandaleux" des pouvoirs publics et de l'Agence régionale de Santé sur le suivi d'une étude révélant une "surmortalité", dans les années 1968 à 98, des riverains du Bassin industriel de Lacq en Pyrénées-Atlantiques.

Dans un communiqué,  la Société pour l'Etude, la Protection et l'Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest rappelle qu'une étude de l'Institut de Santé Publique d'Épidémiologie et de Développement (Isped) réalisée en 2002 avait révélé  "136 décès supplémentaires, parmi les 1.124 recensés sur le Bassin de Lacq sur 30 ans" jusqu'en 1998. 

Cette étude "fait ressortir une surmortalité de 14% chez les moins de 65 ans dans la zone la plus proche des usines" du Bassin de Lacq à ces dates et "n'excluait pas" un lien de causalité entre cette surmortalité et la pollution du bassin, Une étude dont les résultats ont tus. La Sepanso accuse  "la préfecture, l'ARS, les industriels et les élus (d'avoir) tout fait pour cacher cette étude de 2002 et ne lui donner aucune suite".

L'étude n'a porté que sur ces trois décennies. L'association estime qu'il est "nécessaire de la poursuivre sur 17 années de plus". Elle  déplore en outre que le ministre de la Santé, Marisol Touraine, n'ait "toujours pas engagé" une étude épidémiologique, comme "préconisé par l'Isped, par l'Institut national de veille Sanitaire (InVS) et la Cour des Comptes".

La Cour des comptes avait déploré en 2015 l'absence d'étude épidémiologique complémentaire, préconisée dès 2002.

Le Bassin industriel de Lacq reposait depuis les années 50 sur l'exploitation du gaz naturel, mais, pour compenser son épuisement progressif, il s'est reconverti dans la chimie depuis plusieurs années. Il compte aujourd'hui une vingtaine de sites classés en raison de leur impact potentiel sur l'environnement.

L'ARS Aquitaine/Limousin/Poitou-Charentes a rappelé lundi soir que "d'autres actions ont été menées" depuis 2002, dont "une évaluation des risques sanitaires de zone" (ERSZ) entre 2003 et 2007. Evaluation dont une actualisation est en cours depuis 2013 et son avancement "régulièrement présenté au Secrétariat permanent pour les Préventions des pollutions industrielles" du Bassin de Lacq, où sont représentés préfecture, industriels, associations de protection de l'environnement, consommateurs, syndicats de salariés du Bassin.

L'ARS rappelle en outre qu'à la suite de gênes olfactives signalées en 2015 provenant de la plate-forme de Lacq, elle a saisi régionalement l'InVS pour une "enquête exploratoire", qui a avéré des symptômes chez 20 plaignants.
La Direction générale de la Santé a ensuite saisi l'InVS "sur l'opportunité de la mise en place d'une surveillance épidémiologique autour du Bassin de Lacq" et une réponse de l'InVS est attendue "prochainement", rappelle l'ARS.