Souffrance animale : le parquet de Pau enquête après les révélations de L214 sur un élevage de canards à Lichos

La justice enquête pour connaître les conditions d'élevage de canards dans une exploitation de Lichos au Pays basque. L'association L214 a déposé plainte après avoir diffusé des images choc. Le ministère de l'agriculture annonce la fermeture du bâtiment insalubre. 

Les gendarmes surveillent le bâtiment où les services vétérinaires opèrent depuis mercredi 19 août. Le ministère a décidé la fermeture de cet atelier d'élevage de canards à Lichos.
Les gendarmes surveillent le bâtiment où les services vétérinaires opèrent depuis mercredi 19 août. Le ministère a décidé la fermeture de cet atelier d'élevage de canards à Lichos. © Rémi Poissonnier
Les images ont provoqué un grand émoi. Images choc de canards vivant au milieu de palmipèdes morts en décomposition, évoluant au milieu d'excréments et de cages défoncées. But atteint pour l'association L214 qui milite pour la condition animale. Le ministère de l'agriculture a tout de suite diligenté les vétérinaires sur place. Le Parquet de Pau a ouvert une enquête dès réception de la plainte de L214 pour délit d’acte de cruauté et délit d’abandon.  Dès la révélation de ces images, les services vétérinaires de la préfecture ont été envoyés sur place. Eddy Bouttera, secrétaire général de la Préfecture des Pyrénées-Atlantiques, a donné les premières constatations ce jeudi lors d'un point presse :

On a trouvé une couche de lisier de 20 à 30 cm à l'intérieur d'un bâtiment sur le sol, exactement ce que l'on voit sur les images de l'association L214. On a constaté une dégradation des bâtiments suite à une tempête et des cages dans lesquelles se trouvaient des canards qui étaient affaissées. Nous n'avons pas constaté ou visualisé de rats, ou d'asticots, ni d'animaux morts dans le bâtiment.

Eddy Bouttera - secrétaire général de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques -

Les services de l'Etat présents sur place depuis mercredi 19 août n'ont pas constaté de pollution dans le cours d'eau voisin le Saison.
Le représentant de l'Etat a immédiatement demandé le transfert des 200 canards dans un autre bâtiment. Le propriétaire des lieux a ainsi été mis en demeure de s'exécuter rapidement. Des vétérinaires toujours sur place constatent aussi l'état de santé des animaux. 
La préfecture a donc suspendu sur le champs l'activité de l'atelier de l'élevage. 

Cette exploitation ne redémarrera pas tant que le bâtiment n'aura pas été remis aux normes sanitaires et que l'exploitant ne nous aura pas prouver qu'il est capable d’exploiter cet atelier de façon correcte.

Eddy Bouttera - secrétaire général de la préfecture -

Trop peu de sanctions pour l'association L214 qui par la voix de Barbara Boyer déplore la situtation pour les canards : " C'est scandaleux que ces animaux restent sur cette exploitation et que le propriétaire puisse continuer le reste de son activité malgré les carences mises en lumière par cette inspection "

Questions autour de cet élevage mis en lumière par L214 > Eclairage avec ce reportage de France 3 
Fermeture administrative pour l'atelier d'élevage de canards dénoncé par l'association L214

 

L'authenticité des images 

L'avocate de l'association, la Bordelaise Hélène Thouy, est sereine quant à la première des étapes afin d'établir le degré de responsabilité : la vérification des images. " L'association L214 ne prendrait pas le risque de diffuser du faux. Nous avons apporté les éléments de preuve de la date et du lieu " Les images ont été tournées durant ce mois d'août d'après son porte-parole Sébastien Arsac. 

 

La femme du gérant de l'élevage " Couvoirs de Saisons " à Lichos se défend et accuse : "Ce montage vidéo est un faux, il est mensonger et malhonnête et fait à partir d'images qui ne correspondent pas au site. L214 a payé une personne en difficultés financières pour pouvoir se procurer des images." Le propriétaire, pour autant, a reconnu que les images avaient été prises chez lui comme l'a déclaré le secrétaire général de la préfecture lors de son point presse. 

Le représentant de l'Etat a également précisé que l'établissement avait été contrôlé par ses services en 2019 "Il n'avait pas été constaté de conditions de détention des animaux qui soient dégradées. C'était il y a un an. " a précisé Eddy Bouttera, secrétaire général de la préfecture. 

L'association L214 aimerait que ces inspections vétérinaires soient rendues public.

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