Ce mardi 21 novembre, une vingtaine de routiers ont bloqué le péage de Biriatou, dans les Pyrénées Atlantiques. Ils dénonçaient la nouvelle directive européenne sur les travailleurs détachés. La circulation était perturbée dans le sens France-Espagne.
Ils sont les grands oubliés de la directive européenne sur les travailleurs détachés. Désormais, les rémunérations des travailleurs détachés en Europe seront alignées sur celle des travailleurs nationaux. Mais pas celles des routiers.
C'est pour dénoncer cette exception que les routiers ont bloqué ce mardi matin l'accès au péage de Biriatou dans les Pyrénées-Atlantiques. Une mobilisation lancée à l'appel des syndicats FO, CGT et CFDT, même si dans les faits, principalement des membres de Force ouvrière
s'étaient réunis.
Arrestation de camions et distribution de tracts, les militants ne décoléraient pas contre cette "exclusion". Si les échanges avec les routiers polonais, espagnols ou portugais n'étaient pas des plus simples, les militants, à Biriatou comme dans toute la France, tenaient à faire passer leur message. C'était notamment le cas de Xavier Piorkowski, secrétaire FO Transports dans les Pyrénées-Atlantiques.
Quand on voit tous ces chauffeurs étrangers qui sont payés beaucoup moins cher que les chauffeurs français. Ils partent des semaines voir des mois dans leur petite cabine de 2 m2. Personne ne voudrait vivre comme ça
Le barrage, qui s'est déroulé dans le calme, a été levé aux environs de 10 heures.
Voir le reportage de France 3 Aquitaine
En effet, malgré la nouvelle directive européenne et contrairement aux secteurs du bâtiment ou l'industrie, les entreprises de transport qui emploient des routiers étrangers ne sont pas tenues d'aligner leurs salaires sur ceux de leurs employés locaux. Conséquence : elles favorisent le recours à des salariés détachés, moins onéreux et plus maléables.
Travailleurs détachés : ce que change la directive européenne
Avant cette directive, une entreprise qui avait recours aux services d'un travailleur détaché était juste tenue de le payer au salaire minimum en vigueur dans le pays d'accueil. Soit, souvent, beaucoup moins que les travailleurs locaux.
Désormais, elle se doit de rémunérer tous ses travailleurs, locaux ou détachés au même niveau, primes et bonus compris.
Par ailleurs, la durée de détachement ne pourra excéder 18 mois, soit 12 mois plus une rallonge de six mois à la demande de l'entreprise.
Chaque année, la France accueille près de 180 000 travailleurs détachés, et détache plus de 130 000 Français à l'étranger .