Régionales : ce qu'il faut retenir du débat avant le 1er tour

Les 5 principales têtes de liste engagées dans le 1er tour des élections régionales ont confronté, mercredi soir, leurs propositions pour la future grande région. Un débat très vif où le socialiste Alain Rousset et la chef de file de la droite Virginie Calmels se sont rendus coups pour coups.

Celle qui aime se présenter comme une "novice en politique" a douloureusement étrenné mercredi 2 décembre son nouveau statut de favorite des sondages du premier tour lors du grand débat sur France 3. Virginie Calmels s'est retrouvé seule face à ses 4 principaux adversaires. Au lieu d'un débat "tous contre Rousset", le président sortant et encore favori, la confrontation a tourné au "tous contre Calmels". La tête de liste de la droite et du centre a d'ailleurs fini par s'en plaindre s'exclamant : "Vous m'agressez tous !". 

Alain Rousset a d'emblée donné le ton expliquant "avoir retenu ses coups" avant de découvrir chez son adversaire "son programme, sa démagogie, son aplomb qui ne fait pas une compétence" et de la voir "reprendre les plus vieilles valises de la démagogie politique". Le chef de file socialiste a également accusée Virginie Calmels d'être "sectaire et prétentieuse" et de vouloir "transformer les hommes et les femmes de cette région en lignes comptables et en tableau excel".
La tête de liste de la droite lui a répondu sur le même ton dénonçant "l'agressivité agaçante" de son adversaire, "un sortant qui a peur d'être sorti" et qui a reçu le soutien du ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, venu "sauver le soldat Rousset en perdition".
Appuyant les critiques d'Alain Rousset, l'écologiste Françoise Coutant a elle aussi contesté le programme de la droite : "votre projet nous fait peur, il faut être humble, et arrêter les business plan".

Le projet de Virginie Calmels au coeur du débat

Accusée de toute part, Virginie Calmels a souvent interrompu ses adversaires, pour défendre son programme qui veut "mieux gérer l'argent public et être dans l'action"
Elle a précisé son intention de supprimer "410 postes de fonctionnaires", sur les 8300 de la région, "par non remplacement des départs à la retraite", mais "sans toucher au personnel des lycées, ni aux services publics". Sur les économies à réaliser, elle a confirmé son intention d'abandonner le projet de remise en service de la ligne SNCF Pau-Canfranc, "un caprice d'Alain Rousset, qui a une maison à coté".

La gauche prête au rassemblement

Sur un plan plus politique, les 3 têtes de liste de la gauche, assises cote à cote , ont donné le sentiment d'être prête au rassemblement. Alain Rousset a rappelé que la "gauche est plurielle au 1er tour avec 5 listes, et qu'il va falloir se rassembler au second pour gagner". Olivier Dartigolles a lui demandé aux électeurs de "ne pas se tromper de colère" et de "voter Front de Gauche dimanche, pour obtenir une politique plus à gauche". Enfin, même s'ils restent opposés sur la nécessité du projet, Alain Rousset et Françoise Coutant ont pour la première fois affiché leur accord pour affirmer que la région ne doit pas financer les futurs projets de LGV au sud de Bordeaux. Alain Rousset a déclaré très fermement : "le financement de la LGV, tel qu'on l'a vécu entre Tours et Bordeaux est fini, il n'est plus question d'intervenir sur l’infrastructure vers le sud".

À deux jours du scrutin, ce débat confirme la dynamique politique autour du programme et de la personnalité de Virginie Calmels. Mais en politique expérimenté, Alain Rousset a réussi à garder son calme et sa stature, mettant toute la pression sur sa principale adversaire.


Débat Calmels / Coutant / Rousset / Dartigolles / Colombier

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