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Simone Veil : le droit des femmes, la Santé et l'Europe

Simone Veil, ministre de la Santé (1975) / © AFP
Simone Veil, ministre de la Santé (1975) / © AFP

Simone Veil est décédé le 30 juin 2017 à Paris. En 1975, 1976 et 1984, elle a effectué 3 déplacements remarqués en Limousin, en tant que ministre de la Santé et en tant que candidate aux élections européennes. 

Par Hélène Abalo

Femme de combat, femme de conviction et européenne, Simone Veil s'est éteinte, vendredi 30 juin 2017 aux portes de son 90 anniversaire. En tant que ministre de la Santé, elle avait fait un déplacement en Corrèze pour inaugurer le nouveau centre hospitalier d'Ussel. Elle est alors la ministre la plus populaire du gouvernement Chirac. 


L'année suivante, c'est l'ultra-moderne CHU de Limoges qu'elle venait inaugurer aux côtés de Jacques Chirac, alors Premier ministre. 



Ce n'est que 10 ans plus tard que Simone Veil revient en Haute-Vienne pour la campagne des européennes en compagnie de Beranrd Pons. François Mitterrand est à l'Elysée et elle impose à l'opposition une liste unique pour ces élections. Le 15  mai 1984,  Simone Veil défend alors la présence du magna de la presse Robert Hersan sur la liste UDF-RPR. Elle s'étonne que ceux qui ont signé une Lettre ouverte contre cette présence ne se soient pas offusqués, en 1967, que ce même Robert Hersan soit investi par la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), présidée alors par François Mittérrand. 

 
Simone Veil à Limoges en 1984
Candidate aux européennes, Simone Veil est en campagne à Limoges. Elle s'explique sur la présence de Robert Hersant sur la liste UDF-RPR - INA

Le compromis et les regrets

Une ligne de défense sur laquelle Simone Veil, rescapée d'Auschwitz-Birkenau, finira par s'expliquer dans un livre mémoire en 2007 : 

"Nous sommes partis au combat européen dans l'unité, plus que dans l'harmonie. La composition de la liste m'a presque totalement échappé. En particulier, la présence de Robert Hersant, dont le passé vichyssois était désormais connu de tous, ne me faisait aucun plaisir, c'est le moins que l'on puisse dire.

On m'avait expliqué qu'il était difficile de se mettre à dos le propriétaire du tout-puissant Figaro. Une fois encore, la politique l'emportait ainsi sur les principes moraux. Ma seule échappatoire se référait à l'ancienne appartenance du patron de presse à la FGDS, le groupuscule politique qu'avait naguère dirigé François Mitterrand. J'avais donc tout loisir de renvoyer les socialistes qui m'attaquaient sévèrement sur ce sujet à leurs propres contradictions, ce que je ne me suis pas privée de faire.

Il reste que, pour la première fois de ma vie, j'avais accepté, pour de basses raisons d'opportunité, un compromis qui avait à mes yeux l'allure d'une compromission
."*

L'Européenne

Mais Simone Veil est une Européenne convaincue. Lors de la conférence de presse qu'elle tient à Limoges en mai 1984, la candidate tente de convaincre que l'Europe n'est pas éloignée des préoccupations nationales et défend de vouloir faire du scrutin un test de politique intérieure.

Simone Veil, l'Européenne
Simone Veil, en campagne pour les élecions européennes à Limoges en mai 1984  - INA

"Je suis très attachée à la construction européenne et à l'Institution qu'est le Parlement européen. Tout mon discours est un discours profondément engagé sur le plan européen mais en même temps, je crois que ce serait une vue très abstraite de l'activité de la Communauté de penser qu'elle ne s'occupe que de problèmes distincts de ceux qui se posent à l'échelon national. Lorsque nous discuton de questions économiques et sociales au Parlement européen, ce sont en fait exactement les mêmes questions qui se posent dans une dimension différente sur le plan national.

 

*Une vie, édition stock (2007) 

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