Tourisme en Limousin : une lueur d'espoir dans un brouillard d'incertitudes

La nature, le meilleur atout du Limousin / © France Lemaire
La nature, le meilleur atout du Limousin / © France Lemaire

"Les Français pourront partir en vacances en France", a annoncé Edouard Philippe le 14 mai . Une manière de rassurer les professionnels du tourisme, à l'arrêt depuis deux mois. Mais cette déclaration suffit-elle à les tranquiliser sur leur avenir ? Pas certain. 

Par France Lemaire

Des vacances, oui, c'est possible, mais en France. Pas question de sortir de l'hexagone. Un soulagement certes pour bon nombre d'ex-confinés qui voyaient d'un mauvais oeil leur périmètre de 100 kilomètres pour changer d'air. 

Mais l'annonce du Premier ministre est avant tout destinée à rassurer les professionnels du tourisme. Le sont-ils pour autant? 

Une carte à jouer

Au comité départemental du tourisme de la Creuse, on pressentait cette annonce. Et dès ce matin, 15 mai, la campagne promotionnelle du département, mise en sommeil pendant deux mois, a été réactivée. 

Tout ce que nous avions prévu en avril va se mettre en place maintenant, explique Sébastien Debarge, le directeur de Creuse tourisme. Comme notre campagne télévisée sur France Télévisions, ou des publireportages dans la presse nationale. Nous sommes certains que nous avons une carte à jouer.


 

La carte est bien sûr celle de la ruralité, de la tranquillité, du dépaysement, à seulement à 4 heures de grandes agglomérations comme Paris, Lyon ou Bordeaux. 

Le plaisir d'être seul au monde


Creuse Tourisme va d'ailleurs relancer une ancienne campagne de publicité sur les réseaux sociaux : "Cet été savourez le plaisir d'être seul au monde."

Les distances entre les personnes, c'est notre meilleur atout, précise Sébastien Debarge. 


 

Dans la Haute-Vienne, la Cité des Insectes, à Nedde, nichée en pleine nature, parie aussi beaucoup sur ces avantages. 

Nous sommes un département vert dans tous les sens du terme, alors on espère que les gens viendront nous voir, explique la directrice Régine Elliott
 

La carte à jouer, celle de l'environnement et de la sérénité / © France Lemaire
La carte à jouer, celle de l'environnement et de la sérénité / © France Lemaire


 

L'an passé, les Limousins ont été les plus nombreux à fréquenter l'établissement, grâce aux ateliers scolaires, suivis par les vacanciers venus de Paris, de Gironde, des Pays-Bas, de Loire-Atlantique, de Belgique. Alors Régine Elliott est plutôt ravie que les Français puissent se déplacer cet été, mais elle n'est pas pour autant soulagée. 

Est-ce que les Français vont avoir envie de voyager ? Nous ne le savons pas. Nous avons déjà perdu 40 % de notre chiffre d'affaires, alors quoi qu'il en soit, ce ne sera pas une grosse saison. 

En Corrèze aussi, certains acteurs du tourisme se montrent pessimistes. C'est le cas pour le secteur porteur des voitures anciennes. 

Une perte de 250 000 euros

Jean-Paul Brunerie anime le groupe de travail sur le tourisme lié aux voitures anciennes en Corrèze et en Dordogne. 

Nous avons tout annulé, explique-t-il, c'est une année blanche, tout est reporté à l'année prochaine. 

Car les rallyes de voitures anciennes attirent des groupes. Or, trop d'incertitudes planent encore sur les déplacements en nombre pour cette saison 2020, notamment dans les hôtels ou les restaurants. 

Sur certaines manifestations nous réservons pour 80 personnes au restaurant, et ce n'est plus possible. L'annulation de nos évènements représente une perte de 250 000 euros pour la Corrèze, regrette Jean-Paul Brunerie. 

 

 

Et les colos ? 

Cécile Brunet à la tête de la ferme pédagogique "les Sabots de laine" à Saint-Hilaire-Bonneval, dans la Haute-Vienne, aurait pu se réjouir de l'annonce de la libre circulation des Français sur le territoire cet été.

 



Les séjours qu'elle organise pour les enfants l'été attirent des jeunes de Paris ou de Nouvelle-Aquitaine. Or, la question aujourd'hui n'est plus celle des kilomètres, mais celle des conditions d'accueil

Nous ne savons toujours rien des mesures que nous devrons mettre en place, explique Cécile Brunet. Si c'est comme à l'école, pour moi ce sera "non".

Même incertitude au Secours Populaire de la Haute-Vienne. L'an passé 120 jeunes ont profité de colonies de vacances en Dordogne, ou dans le Lot. Pour le moment, aucune réponse ne peut être apportée aux familles
 

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