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Un audit accablant sur les comptes de l'ex région Poitou-Charentes

Le rapport commandé au cabinet Ernst&Young a été rendu public à l'occasion de la réunion la commission des finances du conseil régional d'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Un audit accablant pour les responsables financiers de l'ex-Région Poitou-Charentes.

Alain Rousset, président de l'ALPC
Alain Rousset, président de l'ALPC © Maxppp
Le constat présenté cet après-midi en commission des finances confirme les alertes lancées par le nouveau président d'ALPC Alain Rousset. Alors que les experts du cabinet Ernst&Young n'ont pas travaillé sur le montant estimé de 132 millions d'impayés (leur lettre de cadrage ne prévoyait pas cette mission) ils dévoilent tout de même que les ratios financiers de l'ex-Poitou-Charentes font l'objet dune "forte dégradation". Dans le même temps, les ratios du Limousin sont estimés "dégradés depuis 2013"  alors que ceux de l'Aquitaine apparaissent comme "performants et maîtrisés".

Autre souci pointé du doigt par Florent Boudié, le porte-parole de la région ALPC : la capacité de désendettement de l'ex Poitou-Charentes est passée de 3,1 ans en 2013 à 20,4 ans en 2015 et le montant d'emprunts toxiques dangereux a été estimé à environ 100 millions d'euros.


Florent Boudié a encore indiqué que les pratiques des responsables du budget de l'ex Poitou-Charentes s'apparentaient à une "cavalerie budgétaire". Mis en cause aussi, la sous-budgétisation de certains postes "qui ne permettaient pas de couvrir financièrement les besoins réels".
Florent Boudié (à g.) et Olivier Chartier (à d.) pendant la conférence de presse qui a suivi la remise du rapport sur les comptes de l'ex-Poitou-Charentes
Florent Boudié (à g.) et Olivier Chartier (à d.) pendant la conférence de presse qui a suivi la remise du rapport sur les comptes de l'ex-Poitou-Charentes © Thomas Chapuzot (FTV)
Bref, un constat sans concession qui ne surprend qu'à moitié Olivier Chartier (LR), le président de la commission des Finances d'ALPC. "Nous allons demander un complément d'audit sur les 132 millions d'impayés" explique-t-il en demandant que soit mis un terme à ce qu'il appelle "une gabegie financière". La racine de ces problèmes de gestion est liée à la politique régionale menée par S. Royal et poursuivie par J.F. Macaire, ce volontarisme politique qui poussait le Poitou-Charentes à s'occuper de tout, tout le temps. Nous avons voulu trop faire."

Mieux, Olivier Chartier estime qu'il ne faut pas en rester là. Toutes ces informations devront être recoupées par la chambre régionale des comptes. "Et si les faits sont graves, on peut imaginer de demander des comptes aux responsables de cette situation", conclu-t-il.

Reportage de Tanguy Scoazec, Thomas Chapuzot et Patrick Mauduit :

durée de la vidéo: 02 min 08
Bilan de l'audit sur les comptes de l'ex-région Poitou-Charentes

 

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