Châtellerault : une décharge sauvage en pleine forêt, dommage collatéral du coronavirus

Depuis quelques mois, les déchets s'amoncellent dans la forêt domaniale de Châtellerault, dans la Vienne. Un phénomène qui s'est amplifié avec la fermeture temporaire des déchetteries pendant le confinement. Des bénévoles tentent de nettoyer cet espace naturel souillé.
Opération de nettoyage après la découverte d'une décharge sauvage post-confinement dans la forêt domaniale de Châtellerault.
Opération de nettoyage après la découverte d'une décharge sauvage post-confinement dans la forêt domaniale de Châtellerault. © Jacques Taburet
Aux abords des chemins de la forêt de domaniale de Châtellerault, les déchets pullulent, et sont encore plus abondants depuis le confinement. 

"On vient en forêt pour se détendre et se ressourcer, et on repart exaspéré !" déplore Anita Tranchant, habitante de Châtellerault.
 

C'est un choc, une pollution visuelle et une pollution du sol, il peut y avoir des matériaux et des produits dangereux...

Jacques Taburet, nettoyeur bénévole

Ce jeudi 20 août, quelques bénévoles se mobilisaient pour nettoyer cet espace naturel. En moins d'un quart d'heure d'efforts, cinq sacs de déchets sont déjà remplis...

Une clairière souillée 

Ailleurs dans la forêt, une clairière très accessible en voiture, dont nous ne donnerons pas la localisation exacte, sert de dépotoir depuis plusieurs mois.

Ici, l'incivité y est poussée à son paroxysme depuis le confinement : mobilier, électroménager, restes de chantiers...les ordures s'amoncellent. 

L'Office national des forêts, propriétaire des lieux, a promis d'y installer une barrière pour tenter de décourager les automobilistes d'accéder à la zone. 
 
Les bénévoles collectent de nombreux déchets aux abords d'une clairière devenue décharge sauvage dans la forêt domaniale de Châtellerault.
Les bénévoles collectent de nombreux déchets aux abords d'une clairière devenue décharge sauvage dans la forêt domaniale de Châtellerault. © Jacques Taburet

L'impact du confinement ? 

Si l'apparition de décharges sauvages est malheureusement un phénomène courant, le phénomène s'est accentué pendant le confinement.

Ce qui peut s'expliquer par la fermeture temporaire des déchetteries, puis les délais d'attente très longs pour y accéder une fois les structures à nouveau accessibles. 

"Ca n'est pas excusable, mais ce qui a favorisé les incivilités et la démultiplication des dépôts sauvages, c'est la période de confinement que nous avons connu, et la fermeture, par obligation, de nos déchetteries de la communauté de commune" regrette Thomas Baudin, adjoint en charge des incivilités. 

Les déchetteries plus accessibles 

Depuis la ré-ouverture des déchetteries, l'agglomération tente de rendre les sept déchetteries plus accessibles. 

"On a adapté les horaires pour que les usagers aient plus d'amplitude d'ouverture"
précise Cendrine Gendre, responsable du service des déchets. 

→ Regardez le reportage de Marie-Ange Cristofari, Stéphane Bourin et Thierry Cormerais

Châtellerault : découverte d'une décharge sauvage en pleine forêt

Décharges sauvages : que dit la loi ? 

En France, le dépôt sauvage d'ordures est passible d'une amende pouvant atteindre 1.500 euros, si les déchets sont abandonnés depuis un véhicule par un particulier. 

S'il s'agit d'un professionnel qui abandonne ses ordures dans la nature, le tarif est beaucoup plus salé : il risque jusqu'à deux ans de prison et une amende pouvant atteindre les 75.000 euros, comme le précise l'ONF.  En cette période de sécheresse, les déchets peuvent aussi constituer le point de départ d'incendies. 

De nombreuses communes tentent d'enrayer le phénomène, notamment en installant des pièges photographiques, comme c'est déjà le cas Blanquefort en Gironde

À Niort, dans les Deux-Sèvres, l'installation de caméras est aussi une solution envisagée, pour lutter contre les décharges sauvages dans l'agglomération. 
 
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