Crise des urgences : retour sur les mesures annoncées par Agnès Buzyn au CHU de Poitiers

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, était hier soir au CHU de Poitiers pour annoncer les premières mesures visant à améliorer la situation dans les services d'urgence en surchauffe. Elle avait choisi le CHU de Poitiers pour mettre en exergue notamment sa gestion exemplaire des lits.

Agnès Buzyn se fait expliquer le fonctionnement du système de gestion centralisée des lits au CHU de Poitiers.
Agnès Buzyn se fait expliquer le fonctionnement du système de gestion centralisée des lits au CHU de Poitiers. © France Télévisions
En déplacement au CHU de Poitiers qui a "fait preuve d'inventivité" pour "lever un peu les tensions", selon Agnès Buzyn, la ministre de la Santé a annoncé une batterie de "mesures qui fonctionnent, qui sont consensuelles (et) remontées du terrain" dans le cadre de la mission confiée en juin au chef du Samu de Paris, Pierre Carli, et au député (LREM) de Charente Thomas Mesnier.
"On a besoin de trouver une solution de fond, pas juste de soigner le symptôme, cette fièvre ressentie au niveau de l'activité des urgences", a-t-elle déclaré lors de cette visite au CHU de Poitiers.
Elle a dévoilé une première salve de mesures parmi lesquelles l'admission directe pour les personnes âgées et la vidéo-assistance dans tous les Samu. Une deuxième série d'annonces est attendue la semaine prochaine. 


Des mesures pour les personnes âgées

Pour "réduire au maximum les passages des personnes âgées" aux urgences, elle entend ainsi généraliser "des filières d'admission directe", promettant à la clé "une incitation financière, une forme de bonus aux hôpitaux qui (les) mettront en place". La ministre souhaite également développer "une vidéo-assistance entre les Ehpad et le Samu", pour éviter des hospitalisations en cas de "pathologies bénignes". 

Plus de responsabilités pour les infirmiers

Elle entend par ailleurs s'appuyer sur les médecins libéraux: les Samu seront autorisés à envoyer une ambulance vers un cabinet de ville ou une maison de santé, où pourront être réalisés une consultation et certains examens médicaux sans avance de frais, pour que les patients y "trouvent le même avantage qu'à aller aux urgences".
Les personnels paramédicaux des urgences auront en outre le droit de "faire des gestes qu'ils ne peuvent pas faire aujourd'hui", comme "prescrire de la radiologie (ou) faire des sutures", ce qui leur permettra de toucher une "prime de coopération" de 80 euros net par mois.
A plus long terme, le nouveau métier d'infirmier de pratique avancée, avec des compétences élargies, sera étendu à la spécialité "urgences", avec de premières formations à partir de l'automne 2020, et de premiers soignants diplômés en 2022.


La gestion informatisée des lits au CHU de Poitiers

Agnès Buzyn a choisi de venir à Poitiers pour mettre en avant le système informatisé de gestion des lits utilisé par le CHU. Ce logiciel qui permet de répertorier les lits disponibles pourrait être étendu à d'autres établissements français.
D'autres annonces suivront la semaine prochaine, a averti Mme Buzyn, qui recevra le 9 septembre "tous les acteurs du secteur", des syndicats et fédérations hospitalières aux représentants des médecins libéraux et du collectif Inter-Urgences.
    
Depuis bientôt 6 mois, un mouvement de grève inédit s'est étendu à près de la moitié des services d'urgences du secteur public - 233 selon le collectif Inter-Urgences qui en est à l'origine, 195 selon le ministère de la Santé.
 
  
   

    
 
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