Damien, 21 ans, mort un jour d'avril dans un accident de la route à Blanzay (86)

Damien Mergault (21 ans). / © Archives famille Mergault
Damien Mergault (21 ans). / © Archives famille Mergault

Une famille de la Vienne veut que le décès de son fils, percuté par un véhicule, serve d'électrochoc sur les comportements des jeunes conducteurs. Le procès pour homicide volontaire se tient aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Poitiers. Le père de Damien témoigne.

Par Bernard Dussol

Eric Mergault a encore du mal à repenser à ce 20 avril 2015 qui a vu la disparition de son fils Damien à l'âge de 21 ans. Le jeune homme est au volant de son Opel Corsa et revient d'un entretien d'embauche lorsqu'il est percuté de plein fouet par une grosse berline conduite par un jeune homme de 19 ans qui ne détient son permis que depuis un mois. L'accident a lieu sur la commune de Blanzay (86). Le choc est terrible et Damien succombera à ses blessures.

Le procureur de la République de Poitiers dépose plainte pour homicide involontaire et les parents de Damien se constituent partie civile dans un procès en correctionnelle où Maître Grandon va défendre les intérêts de la famille accablée par cet accident. "Nous avons subi un choc, explique Eric Mergault, car nous nous sommes rendus compte que chacun d'entre nous peut être confronté à un événement de cette nature. On peut mourir sur la route tout en respectant parfaitement les règles du Code."

La famille sera soudée pour assister à cette audience correctionnelle qui se déroule quelques semaines seulement après les faits. "Oui nous avons eu de la haine au départ, reconnaît le père de Damien, et nous espérons encore que la justice sera sévère." Mais la famille de Damien se demande surtout comment un jeune conducteur de 19 ans peut être autorisé par la loi à conduire un véhicule de 170 cv alors qu'il a obtenu son permis un mois avant.

"Pourquoi ne pas imaginer une réglementation comme pour les motos ?" demande Eric Mergault. De fait, les jeunes conducteurs de deux-roues ne peuvent piloter que des motos limitées en cyclindrée et en puissance le temps d'acquérir suffisamment d'expérience sur les routes.

Pour la famille de Damien, cette épreuve n'aura pas été inutile si elle peut faire réfléchir à des solutions qui évitent ce genre de drame, sachant que le risque zéro n'existe pas sur la route. Leur courage et leur détermination méritaient d'être entendus.


Sur le même sujet

Les + Lus