Dimanche en politique : Sarah Rhallab, benjamine de l'assemblée départementale de la Vienne, est une jeune femme pressée

À la faveur des binômes paritaires, nos assemblées départementales se sont plus nettement féminisées. Elles se sont parfois aussi rajeunies. Sarah Rhallab en est un exemple. Elle a été élue, pour la première fois, en juin dernier au conseil départemental de la Vienne.

Au pas de course! C'est ainsi que Sarah Rhallab mène ses journées. Ce jeudi débute par une commission permanente, au coeur du conseil départemental de la Vienne. A 23 ans, élue depuis 3 mois à peine, benjamine de l'hémicycle, la jeune conseillère découvre l'envers de la politique.

"Je dois encore m’améliorer sur ma prise de parole c’est assez impressionnant. Il faut bien choisir ses mots pour être bien compris qu’il n’y ai pas de quiproquo ou de mauvaise interprétation. Mais on ressent quand même qu’on a une certaine légitimité dans notre parole", explique Sarah Rhallab, conseillère départementale La Vienne en Transition.

Contribuer à une amélioration du quotidien

Sa fraîcheur et son âge vont forcément nous apporter une vision que peut-être on aurait pas abordé. 

 Alain Pichon, président du conseil départemental de la Vienne

Légitime, mais frustrée tout de même d'être peu entendue. Ce matin, lors de la délibération concernant les tarifs sociaux pour la cantine, elle prend la parole pour réclamer un calcul basé sur le quotient familial. Elle raconte ces collégiens de Buxerolles qui rentrent massivement chez eux à la mi-journée car leurs familles n'auraient pas les moyens d'assumer le coût de la demi-pension. Elle argumente sur les multiples bénéfices que cette plus longue présence au collège pourrait avoir (repas équilibré, activités sportives et culturelles).

Mais l'opposition qu'elle compose avec les trois autres élus verts pèse peu sur les orientations de cette assemblée où la droite règne sans partage. La majorité voit tout de même dans cette jeunesse un signal rassurant pour le renouveau de la classe politique.

"Sa fraîcheur et son âge vont forcément nous apporter une vision que peut-être on aurait pas abordé ou abordé sous un autre angle. Ca me semble très productif de mêler les âges et les visions", explique Alain Pichon, président du conseil départemental de la Vienne.

Le sens du contact et du discours

J’ai toujours eu un attrait pour la politique dans le sens où c’était au cœur des débats familiaux. 

Sarah Rhallab, conseillère départementale de la Vienne (Vienne en transition)

Connectée à la jeunesse des quartiers où elle a exercée comme surveillante dans un collège, connectée au monde étudiant, son quotidien, Sarah Rhallab a envie d'agir dans ce domaine. Dans les couloirs de la faculté de droit, soudain, elle interpelle un jeune qui passe. Elle bondit pour nous le présenter : "C'est le benjamin de la fac ! Il a 17 ans, il avait sauté une classe en primaire, son bac c'était pas gagné, mais il est là !", lance-t-elle.

Son cheval de bataille, c'est notamment l'orientation des jeunes. Elle déplore ses ratés, ses limites qui aboutissent à autant de sorties du système scolaire. Un discours bien construit.

Sarah Rhallab est novice en politique sans l'être tout à fait... Elle a grandi dans une famille ancrée à gauche. 

"J’ai toujours eu un attrait pour la politique dans le sens où c’était au cœur des débats familiaux. On discutait notamment des différents partis politiques mais on n’était vraiment présents dans la politique que durant les élections municipales et présidentielles, ça ne rentrait pas dans le quotidien auparavant", poursuit-elle.

Double vie, rythme accéléré

Après un début d'études en langues étrangères appliquées à Nantes puis Paris, Sarah a ressenti le besoin de se réorienter. Après une année de service civique en région parisienne, elle est revenue à Poitiers, au sein de l'Institut de Préparation à l'Administration Générale. C'est là aussi que s'est noué son engagement politique, autour de Poitiers Collectif qui a fait basculer la mairie de Poitiers du rose au vert. Etudiante en master et politique à mi-temps, les deux vies de Sarah Rhallab se nourrissent l'une l'autre.

"Ce que je vois en pratique, je peux l’appliquer en théorie à l’université. Il y a des choses sur lesquelles je peux être un petit peu en avance vis-à-vis de mes camarades parce que ça me paraît plus concret. Et ça m’aide énormément puisque je suis encore indécise entre travailler en tant que fonctionnaire au sein des collectivités territoriales ou de la fonction publique d’État", confie-t-elle.

23 ans seulement, peut-être, mais Sarah Rhallab fait ses premiers pas en politique à un rythme accéléré. Son parcours intéresse à l'heure où nous recevons dans Dimanche en Politique, Coralie Desnoues, présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres, et Philippe Bouty, le président de l'assemblée de Charente.

Dimanche en politique est présentée par Jérôme Vilain, à 11h30, le 26 septembre, sur France 3 Poitou-Charentes.
 

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