"Les jeunes aussi se remettent au tricot" : deux jeunes femmes remettent la mercerie au goût du jour

Une nouvelle mercerie a ouvert ses portes à Poitiers, peu après la fermeture de la toute dernière boutique de fils et matériels de couture et tricot de la ville. Tenue par deux jeunes femmes, elle propose des matériaux de qualité et des ateliers.

Un lieu pour trouver de la laine, du tissu, et toutes les clés pour s'en servir. Fin décembre, Poitiers perdait sa dernière mercerie, mais grâce à deux passionnées, les amatrices et amateurs de fil et d'aiguilles ont de nouveau une boutique pour leurs travaux manuels.

Entre Margaux Peyserre, 29 ans, ancienne boulangère, et Marielle Minard, 27 ans, passée par le monde du costume, le courant est tout de suite passé : "On s'est rencontrées à Paris, on travaillait ensemble en mercerie et ça a bien matché parce que Marielle fait de la couture et moi, je suis passionnée de tricot", raconte Margaux. "Les deux univers se sont rencontrés et on a trouvé qu'il y avait quelque chose à faire ensemble". Pour ouvrir leur mercerie, elles voulaient quitter le fracas de la capitale et ont visité plusieurs villes "à échelle humaine" avant de choisir Poitiers. Dans la grande rue, leur boutique a vocation à combiner la vente de matériaux de qualité et ateliers d'apprentissage.

Une vraie demande

Bien installée sur un petit banc, Émilie s'essaie au tricot avec les conseils de Margaux. Première leçon : monter les mailles sur une aiguille. "Ce que je voulais, ce n'était pas juste pour acheter des pelotes, je voulais qu'on m'apprenne à le faire", précise-t-elle. "Tout est très cher, je crois qu'au lieu de foutre un truc à la poubelle, refaire une maille pour rattraper le trou, c'est très intéressant. Même écologiquement parlant, pourquoi acheter tout le temps du neuf alors qu'il suffit d'apprendre ?"

Ouverte dans un ancien cabinet d'avocats, la boutique baptisée Aux moutons qui courent attire déjà des clientes. Ces dernières étaient un peu dépitées après la fermeture de la dernière mercerie poitevine, suite au départ à la retraite de sa propriétaire. "C'est vrai que ce sont des commerces qui sont toujours appréciables, et c'est sympa d'avoir ça sous la main étant donné qu'il n'y en avait plus", dit l'une d'elles. "C'est très bien, je pense que je vais devenir une cliente régulière", ajoute une autre.

Les deux jeunes femmes ont monté ce projet grâce au dispositif Inventives de Grand Poitiers. Elles croient fermement en l'intérêt de leur démarche, et espèrent dépoussiérer l'image de la mercerie : "Il y a un côté plus moderne dans notre vision", souligne Marielle. "Globalement, dans le monde entier, maintenant, les jeunes aussi se mettent au tricot, au crochet, à tous les arts du fil en général."