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LGV Poitiers-Limoges : la polémique est relancée

Le financement de LGV Limoges-Poitiers
la Nouvelle-Aquitaine peut-elle et veut-elle financer la LGV ?  - Emmanuel Denanot & Pascal Coussy

On croyait le projet enterré. François Hollande a relancé samedi à Brive le projet et la polémique autour de la LGV entre Poitiers et Limoges. Le Conseil d'Etat avait pourtant annulé en avril le décret de 2015 déclarant d'utilité publique la LGV en invoquant notamment des problèmes de financement.

Par C.H avec France 3 Limousin

Le président de la République a suscité la surprise en relançant l'idée de cette LGV en déplacement dans son fief corrézien.
"Il ne faut pas perdre l'idée de la LGV. Le ministre des Transports a ouvert une consultation et va nommer très rapidement une autorité pour remettre l'ensemble du sujet au clair et pour que nous puissions présenter une solution" a déclaré le chef de l'Etat.

Trop coûteuse et pas assez rentable pour le Conseil d'Etat


Le Conseil d'Etat avait rejeté le dossier en avril dernier en invoquant des "insuffisances" de l'évaluation économique et sociale, et des inconvénients qui "l'emportent" sur les avantages.
"Nous devons essayer de tenir compte des arguments du Conseil d'Etat. Le poids financier paraissait exorbitant par rapport à la rentabilité. Si on fait une infrastructure, ce n'est pas toujours pour qu'elle soit rentable financièrement. C'est aussi parce qu'elle obéit à une logique d'aménagement du territoire", a estimé François Hollande.
"Nous allons reprendre le sujet, mieux armer le dossier sur le plan financier et faire en sorte de nous prémunir d'une nouvelle annulation", a-t-il assuré.

La région pourrait participer au financement selon A.Rousset


Outre les problèmes de rentabilité économique de cette ligne, le problème du financement de sa construction est crucial. En septembre dernier, chez nos confrères de France 3 Limousin, Alain Rousset, le président de la Nouvelle-Aquitaine avait laissé entendre qu'il n'était pas opposé à une participation de la région à ce financement. Après les déclarations du président de la République, il nuance ses propos mais ne reste pas opposé à cette participation régionale. "Il appartient à l'Etat d'aujourd'hui et au gouvernement qui sortira des urnes demain, de faire de propositions. Les collectivités locales, je le dis, pourrons participer, mais pas au niveau de ligne Tours-Bordeaux" affirme-t-il aujourd'hui. Alain Rousset avait déjà pris position juste avant les conclusions du Conseil d'Etat en disant souhaiter "que le gouvernement passe outre la décision du Conseil d'Etat".

Une idée complètement rejetée par les élus verts du conseil régional qui parlent aujourd'hui de respect des engagements pris lors des élections régionales. Le non-financement de ce projet était l'une des bases de l'accord entre Verts et Socialistes. "Je ne veux pas douter de la sincérité d'Alain Rousset sur le fait que la région ne financera pas les travaux de LGV.  Je lui ai fait confiance, j'espère qu'il me prouvera qu'on a eu raison" confie la Charentaise Françoise Coutant, vice-présidente écologiste de la Nouvelle-Aquitaine.

Oppositions dans la Vienne


Les Ecologistes ne sont pas les seuls à réagir négativement face à l'idée de relancer le projet de LGV Poitiers-Limoges notamment parmi les élus de la Vienne. Olivier Chartier (LR), le président de la commission des finances du conseil régional, réaffirme son hostilité au projet de LGV  en privilégiant la rénovation de la route et de la voie ferrée existante.
"François Hollande abuse de sa position au mépris de toutes les recommandations pour faire une déclaration relançant la LGV Poitiers-Limoges irréaliste financièrement, inadaptée économiquement et socialement mais aussi très anxiogène localement pour les populations concernées par un hypothétique tracé aux conséquences multiples. Cette annonce peu crédible ne peut être interprétée autrement que comme le début de la campagne électorale de François Hollande" affirme Oivier Chartier.
Opposition à droite mais aussi dans les rangs socialistes avec le député de la Vienne, Jean-Michel Clément, élu du sud du département concerné par le tracé. Lui aussi place le débat sur le thème du respect des territoires et juge " le débat sans lendemain".

Du côté des partisans, on essaie aujourd'hui de trouver comment financer ce projet. Pour Gérard Vandenbroucke, ancien président du Limousin et actuel vice-président de Nouvelle-Aquitaine, la solution pourrait venir de l'Europe.





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