Poitiers : ils donnent leur sang pour la première fois à la collecte de l'EFS

Une heure de votre temps, pour une vie : ce pourrait être un slogan. Comme chaque année, l'Établissement Français du Sang organise une collecte évènementielle au plus près des Poitevins. Un chapiteau est installé au pied de la mairie pour faciliter la démarche. Reportage.

54 ans, couvert de tatouages, Philippe Benard mange de bon coeur. Il vient de donner son sang, lui qui a si peur des aiguilles.

"Pour les tatouages, vous voyez pas les aiguilles ! Il faut endurer la douleur, c'est pas pareil ! Là, j’ai pas regardé, je ne supporte pas, confie-t-il. Je ne saurais pas expliquer. J’étais tout contracté, je transpirais. Quand j’étais jeune, je donnais mon sang une fois par mois. À l’époque, j’écoutais mes parents, mais je stressais déjà. Bon, en fait, après le moment de l’aiguille, ça allait très bien, je continuerai ! Je fais ça pour les gens, pour les hôpitaux. Si ça peut sauver des vies."

Cela faisait plus de 20 ans qu'il n'avait pas fait cette démarche.

Depuis que ma fille a reçu une transfusion, je voulais absolument le faire. 

Bahia Jadeau, donneuse pour la première fois

De longues hésitations

Bahia Jadeau a ressenti quelques vertiges, mais ils se sont vite envolés. C'est son premier don.

"Depuis que ma fille a reçu une transfusion, je voulais absolument le faire. Mais à chaque fois, quelque chose vous empêche, le travail, les enfants... Là, j'avais l'occasion, du temps devant moi. C'était dans un coin de ma tête. Pour ma fille, on était bien contents de recevoir, mais pour ça, il faut donner aussi !"

Pour Mathis Haradji, 29 ans, c'est aussi une première fois, un peu poussé par sa copine qui a réservé leurs rendez-vous.

"J'avais envie de venir mais j’ai jamais pris le temps de m’organiser. Le fait que ça soit comme ça, en centre-ville, ça nous a rendu la chose plus facile, ça cale une date !"

L'occasion qui manquait

Aller au près des donneurs, c'est le but de cette collecte, baptisée "Poitiers au coeur du don". Depuis 2016, l'Établissement Français du Sang (EFS) l'organise chaque fin septembre (sauf en 2020, pandémie oblige). L'une des responsables, Sandrine Pouic, explique :

"C'est le même principe que d'habitude, il faut prendre rendez-vous, mais ils ne sont pas tous pris. Ce qui marche le mieux finalement, ce sont les passants qui se laissent convaincre..."

Yvan Hochet est de ceux-là. Il patiente pour l'entretien avec le médecin, assis à côté de son caddie, rempli de courses.

"Ça faisait longtemps que je n’avais pas donné mon sang. C’est vrai qu’avec le confinement, la prise de rendez-vous n'était pas simple, donc je reprends une bonne habitude ! Et puis j’ai réussi reçu des SMS comme quoi il y avait des alertes sur les niveaux insuffisants dans les hôpitaux, et le flash à la radio ce midi. C’est un geste de solidarité. Si ça peut contribuer à la prise en charge de personnes qui souffrent, je le fais volontiers !"

Les textos d'incitation, Agathe Brugerolle les a reçus aussi. Elle est venue avec deux autres amies.

"On s'est motivées ensemble ! En fait comme je viens de Saintes et que j'étudie à Poitiers, je reçois des alertes pour ces deux endroits. Avec cette période particulière, je me suis dit qu’il y avait des besoins et du coup je me suis renseignée, et voilà, on est là. Sauf que comme j'ai eu une intoxication alimentaire la semaine dernière, je ne peux pas donner cette fois."

Elle reste tout de même pour tenir compagnie à ses camarades.

"J'ai pris rendez-vous... ça m'oblige !"

Je comptais donner mon sang et c’est un endroit très, très sympa pour le faire !  

Sandrine Pagès, donneuse régulière

Céline Launay aussi était étudiante lors de son dernier don, il y a 25 ans!

"J'ai vu l'info à propos de cette collecte de sang sur Facebook. Donc j’ai rempli le questionnaire et j’ai pris rendez-vous, ça m’oblige ! Sinon je me disais, il y a un don à tel endroit, j’irai, et puis je ne le faisais pas. Je pensais que le matin il fallait être à jeun, alors que non. C'est très simple, je suis venue à 13h45 et voilà, j'ai donné !"

Depuis six ans, Sandrine Pagès est une donneuse régulière et convaincue. Elle apprécie de ne pas avoir à se rendre jusqu'au CHU.

"Je comptais donner mon sang et c’est un endroit très, très sympa pour le faire ! C’est ultra pratique, je devais venir en ville donc c’était parfait. Il y a plein de bénévoles très gentils. J'essaye de donner régulièrement, quand je me sens assez en forme. Je n’attends pas que les autres le fassent à ma place, alors si je peux donner, si je peux offrir ça, je le fais volontiers !"

En dessous des objectifs

L'EFS espère récolter environ 500 poches de sang à l'occasion de cet évènement. Mais sur les 600 créneaux de rendez-vous possibles, 283 ont été réservés. 120 ce vendredi et seulement 70 pour samedi.

Il reste donc encore plus de 200 places à prendre, et autant de dons à faire, de personnes à convaincre. L'opération se poursuit de 11h à 18h.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société covid-19