Qu'est-ce qu'une équipe esport : éléments de réponse avec les orKs Grand Poitiers

A quelques heures du coup d'envoi de la Gamers Assembly, nous avons voulu savoir comment fonctionnait une équipe esport. Nous nous sommes tournés vers l'équipe de orKs Grand Poitiers, récemment sponsorisée par la communauté d'agglomération, et c'est unique.

Photo de groupe à l'annonce du sponsoring de l'équipe esport des orKs par Grand Poitiers
Photo de groupe à l'annonce du sponsoring de l'équipe esport des orKs par Grand Poitiers © OrKs Grand Poitiers
Le 8 mars dernier, nous vous annoncions le sponsoring par Grand Poitiers d'une équipe d'esport, la première à porter le nom d'une collectivité territoriale : les orKs Grand Poitiers. Mais cela veut dire quoi faire équipe en matière d’e-sport ? Éléments de réponse avec Vincent Foulquier, porte parole de l'équipe qui sera très présente lors de la Gamers Assembly 2018, du 31 mars au 2 avril.

Au commencement, il y eut l'association BomberBoyZ orKs : avant même cette affiliation à l’agglomération pictave, l'association des orKs est née en 2005. Aujourd’hui, elle rassemble 180 membres et compétiteurs, auxquels s’ajoutent les encadrants, les joueurs communautaires ou ceux qui ne font que passer. Le porte-parole de l'équipe, Vincent Foulquier, estime à 300 personnes la communauté active de joueurs au sein des orKs.

Mais n'imaginez pas cette équipe comme celle d’un club de foot. Ici pas d’entrainements à 300 en même temps dans une même salle, c’est aussi l’avantage des jeux en ligne : ils peuvent être pratiqués de n’importe où, sous réserve d’une bonne connexion et d’un bon matériel. Les orKs Grand Poitiers sont installés pour certains en Nouvelle-Aquitaine, en région parisienne, pour d'autres, bien moins nombreux, en Belgique ou en Suisse.

L’équipe se compose de joueurs réunis en différentes escouades, spécialisée sur un jeu. Par exemple, lors de la Gamers Assembly, les couleurs des orKs seront portées sur l’ensemble du week-end par 150 joueurs dispatchés sur 13 des 18 tournois proposés pendant le week-end pascal. C’est à découvrir également dans cette vidéo mise en ligne par l’association.

Plusieurs joueurs sont passés par la structure orKs avant d'atteindre le plus haut niveau dans l'esport, comme le détaille ici Vincent Foulquier :

"Hugo Padioleau que les gamers de League of Legends connaissent sous le pseudo de "Dioud" fut présent quelques mois en 2011. Il joue actuellement au Brésil pour l'équipe RED Canids et a disputé les championnats du monde de League of Legends en 2015 où il était le seul français dans une autre équipe brésilienne : paiN Gaming".

Autre gamer passé par les orKs : "Julian Treguer aka "Gob" (League of Legends là aussi) chez les orKs également en 2011 a ensuite évolué chez Millenium (entreprise professionnelle) avant de s'orienter vers le streaming. Il est aujourd'hui l'un des streamers les plus influents de France et fait parti du plus gros collectif de streamers français, la Stream Team."

Enfin, "Clément Desplanches aka "Clem" (sur Starcraft II) a été présent environ 1 ans chez orKs, d'août 2015 à juin 2016. Il était connu pour être l'un des plus jeunes joueurs et à seulement 14 ans, il s'est qualifié pour une étape des championnats du monde de sa discipline. Malheureusement pour lui, l'âge limite était de 16 ans et sa participation n'a pas pu être retenue. Plus tard, il a quitté l'association pour rejoindre une structure professionnelle sur son jeu de prédilection: Dead Pixels."

"Les joueurs doivent adhérer aux valeurs et aux règles du club", explique Vincent Foulquier : "être à jour de sa cotisation, participer aux LAN party [les événements Local Area Network ou tournoi en réseau local, ndlr] notamment ceux organisés par FuturoLAN, respecter les adversaires et jouer avec fair-play : l'attitude en match est primordiale". L'équipe participe à des tournois sur ordinateur principalement, un peu sur console, tandis qu'un nouvel outil arrive dans les tournois : le smartphone.

Quel modèle ?

Si les orKs se sont construits sur un modèle associatif, d'autres formes d'association sont possibles : l'entreprise (ainsi l'équipe Millenium porte les couleurs du site Millenium, référence en matière d’esport, qui appartient à au groupe Webedia), l'auto-entrepreneuriat, et plus récemment par affiliation à une franchise de marques (c’est le cas par exemple avec des franchises de NBA).

Depuis quelques semaines, les orKs sont donc officiellement affiliés à une collectivité territoriale, la communauté d’agglomération du Grand Poitiers. Si cette nouvelle étape dans l’histoire de l’équipe donne déjà une meilleure visibilité à l’équipe, elle signe aussi un apport financier la mise à disposition de locaux. "Et ça, c’est déjà énorme, quand on a des locaux, on peut vraiment faire se rassembler des joueurs dans un environnement dédié."

Merci à Vincent Foulquier pour toutes les explications utiles à cet article
OrKs, ça signifie quoi ?
J'ai un temps pensé à une traduction de orque... Mais non. Puis vint le temps de chercher l'acronyme (Organisation régionale des Killers de soucoupes ? Office des rageux koalas super-héros ? Oui j'ai parfois un peu (trop) d'imagination) Il y avait plus direct et surtout culturel, explique Vincent Foulquier : les orks, c'est une race extraterrestre qui a vu le jour dans le jeu Warhammer 40.000 (par l'éditeur Games Workshop).

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