Sécheresse. De nouvelles mesures de restriction d'eau adoptées par la préfecture ce vendredi

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En Charente-Maritime, l’affluence touristique met une pression sur les besoins en eau. Or, la quantité d’eau potable est déjà fragile, car il a très peu plu au dernier semestre. Ce vendredi 5 août 2022, la préfecture a pris de nouvelles mesures pour limiter les usages de l’eau. Le syndicat Eau 17 appelle lui aussi à surveiller sa consommation.

Avec l’arrivée massive des touristes au mois de juillet, les ressources en eau sont fortement mobilisées. La sécheresse due à la canicule implique de plus forts besoins en eau également. Des interdictions totales de prélever l’eau dans certains bassins pour l’irrigation ont été prises ce matin. Le bassin de la Boutonne est le plus en crise : il est totalement impossible d’y puiser de l’eau désormais.

« On a deux problèmes : les sécheresse d’hiver et de printemps. Il n’a quasiment pas plu au premier semestre, donc on n’a pas eu de recharge de nappes phréatiques, et le débit des rivières est resté assez bas », témoigne Denis Minot, le directeur du syndicat Eau 17.

Deux-tiers de l’eau potable provient de l’eau souterraine et un tiers de l’eau de surface, du fleuve Charente principalement. Cette année, le déficit de pluviométrie s’élève à 200 millimètres, soit 35 % de moins que d’habitude. « On a puisé dans les ressources d’eau potable pour les usages agricoles, et ça rend la situation compliquée ».

D’après Denis Minot, certaines nappes phréatiques peu profondes sont en dessous des plus bas niveaux connus jusqu’ici. « En revanche, on a, au sud et au centre du département des nappes captives plus profondes qui tiennent mieux en période de sécheresse puisque leur cycle de renouvellement est beaucoup plus lent. » 

Tenir jusqu’à septembre

Le syndicat gère la ressource en eau de façon à tenir jusqu’à l’étiage, période de l’année où le niveau de l’eau est au plus bas, en septembre « On doit encore tenir un certain temps, même si à partir de septembre, on aura forcément des réductions de consommation, car la saison touristique sera terminée. »

Au- delà de l’eau potable, Denis Minot s’inquiète de l’état des cours d’eau et des niveaux des nappes phréatiques. « S’il ne pleut pas au mois d’août ou très peu, ce qui semble se profiler sur les prochaines semaines, la situation va continuer à se dégrader. Le débit du fleuve Charente est en train de descendre de façon assez grave ».