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L'affaire du MAHB ne serait qu'une partie émergée de l'iceberg selon l'Autorité de régulation des jeux en ligne

© archives
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Le scandale provoqué par les handballeurs de Montpellier n'illustre qu'une infime partie des risques que font courir les paris sur l'intégrité des compétitions sportives. L'affirmation émane de l'Arjel.

Par Fabrice Dubault

Les paris menacent l'intégrité des compétitions avant tout par les transactions réalisées sur des sites échappant à tout contrôle, à l'étranger mais aussi en France.

Près de 80% des paris concernant les compétitions françaises sont pris à l'étranger ou sur des sites illégaux selon Jean-François Vilotte, président de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel).
Pour illustrer son propos, l'ancien directeur général de la Fédération française de tennis, cite volontiers l'exemple de ce sport, précurseur en matière de surveillance de ses compétitions.
"Sur Roland-Garros 2012, 12 millions d'euros de paris ont été enregistrés en France auprès des opérateurs légaux agréés par l'Arjel. Au total, on estime entre 500 millions et 1 milliard d'euros le montant des paris dans le monde pour la quinzaine des Internationaux de France, 250 millions ayant été pris sur un seul site en Angleterre", explique-t-il.

Les services de l'Arjel, créée dans la foulée de l'ouverture du marché français des paris en ligne en 2010, s'inquiètent de manière récurrente de constater qu'il y a plus de paris sur la Ligue 2 française sur les sites asiatiques que sur les sites d'opérateurs français. "Et ce n'est certainement pas parce que la L2 passionne l'Asie", juge M. Vilotte.

L'Asie de tous les dangers

Dans le cadre de l'affaire qui secoue le handball français, les paris d'un montant anormalement élevé réalisés par les joueurs de Montpellier
auprès de la Française des Jeux sur le match de Championnat de France qu'ils ont perdu à Cesson-Sévigné le 12 mai ont été rapidement détectés.
Cette rapidité s'explique par le fait que toutes les mises enregistrées en France font l'objet d'une surveillance étroite et, le cas échéant, d'alertes chez des
opérateurs qui ont la possibilité de bloquer les paris si des sommes inhabituelles sont en jeu. Et, parfois, de déclencher des enquêtes.
Ce qui, faute d'outil, n'est pas le cas des mises enregistrées à l'étranger. Une situation d'autant plus inquiétante que ces paris portent souvent sur des faits
de jeu, plus faciles à truquer que des scores (cartons rouges, remplacements de joueurs, etc...), ou sur des compétitions de moindre importance dont les acteurs sont peut-être plus aisément influençables.

Le Comité international olympique (CIO), conscient des dommages potentiels de la corruption sportive sur l'image de ses compétitions, tente depuis les jeux Olympiques de Pékin (2008) de coordonner une politique internationale de régulation basée sur la coopération entre les gouvernements.
Elle fonctionne relativement bien en Europe, coordonnée par le Conseil du même nom, mais reste inexistante avec l'Asie où les paris sportifs sont souvent utilisés pour blanchir des fonds et sont incomparablement plus élevés en terme de flux financiers.

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