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Houria Bouteldja, accusée par l’extrême droite de racisme anti-blancs, devant le tribunal lundi à Toulouse

Houria Bouteldja
Houria Bouteldja

La justice examine en appel lundi à Toulouse une plainte de l'organisation d'extrême-droite Agrif, qui accuse de racisme anti-blanc la militante antiraciste Houria Bouteldja

Par Michel Pech

Déjà relaxée en janvier au grand regret de Bernard Antony

Le tribunal correctionnel de Toulouse avait relaxé en janvier dernier Houria Bouteldja qui était poursuivie pour "injure raciale". La porte-parole du Parti des indigènes de la République avait été assignée en justice par l'Agrif (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne) après avoir employé en 2007, lors d'une émission télévisée, le terme "souchiens" pour désigner les Français "de souche".
A l'énoncé du délibéré, Bernard Antony, président de l'Agrif, ancien conseiller régional de Midi-Pyrénées et ancien député européen Front national, s'est dit "attristé mais pas abattu" et avait annoncé qu'il allait faire appel de la décision. 
"Une désinformation médiatique consistant à assimiler l'Agrif au groupuscule provocateur du Bloc identitaire a aussi joué contre nous", a déclaré  Bernard Antony.

"Souchiens = français de souche et non pas "sous-chiens"

De son côté, Me Henri Braun, conseil d'Houria Bouteldja, a estimé qu'il serait "intéressant de connaître les motivations de cette relaxe sur le fond" dont a bénéficié sa cliente. "Le bon sens a triomphé et la justice a refusé de se faire instrumentaliser par l'extrême droite néo-colonialiste", a-t-il déclaré.
Houria Bouteldja elle-même ne s'est pas dit très étonnée par cette relaxe. "J'étais assez sereine, il aurait été grotesque que l'on juge l'expression 'souchiens' raciste. Comme je l'ai répété durant le procès, c'est un néologisme formé sur le mot souche que j'ai utilisé pour critiquer l'expression Français 'de souche' et en aucun cas il ne s'agit d'un jeu de mots", a réagi Houria Bouteldja.
Le 21 juin 2007, lors de l'émission "Ce soir ou jamais" sur France 3, Houria Bouteldja avait utilisé le néologisme "souchiens" pour désigner les Français "de souche", les "blancs". A la suite de ses déclarations qui avaient été vivement critiquées à l'époque par l'hebdomadaire Marianne, le philosophe Alain Finkielkraut ou encore Brice Hortefeux, alors ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, l'Agrif avait déposé une première plainte qui n'avait pas été suivie par le parquet.
L'association avait déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile en février 2008.

Premier procès en décembre dernier sous protection policière
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Procès Houria Bouteldja en décembre 2011. Reportage Marc Raturat
Lors du procès d'Houria Bouteldja, le 14 décembre dernier, le parquet, tout en soulignant "l'ambiguïté" du terme, s'en était remis a l'appréciation du tribunal. "Il y a un doute sur le sens voulu par Houria Bouteldja lorsqu'elle a employé le mot 'souchiens'. L'emploi de ce mot a été fait à dessein pour blesser et outrager une certaine catégorie de Français (...) mais une conviction n'est pas une preuve", avait déclaré le procureur Patrice Michel.
Le procès d'Houria Bouteldja s'est tenu le 14 décembre dernier sous protection policière. Avant même son ouverture, plusieurs CRS ont fait barrage entre une cinquantaine de membres du comité de soutien de la porte-parole du Parti des indigènes de la République (PIR) et une centaine de militants du Bloc Identitaire, de Riposte laïque et de Résistance républicaine. Ces trois mouvements d'extrême droite, qui se disent en lutte "contre l'islamisation de l'Europe", avaient déroulé les banderoles "Maintenant les souschiens montrent les crocs" ou encore "Vous êtes les indigestes de la République".

Les indigènes de la République

Né en 2005, suite à "l'Appel des Indigènes de la République", le Mouvement du même nom s'est transformé en mars 2010 en parti politique et a pris le nom de Parti des indigènes de la République. Le PIR se revendique comme "organisation qui lutte contre le racisme que subissent les populations issues de l'immigration postcoloniale".

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