Otages au Sahel : la vidéo qui divise les familles

Clément Legrand, le frère d'un des otages enlevés au Sahel il y a 27 mois a adressé une vidéo aux ravisseurs. Une initiative qui ne fait pas l'unanimité parmi les familles des 6 otages français détenus au Sahel.

Clément Legrand, le frère d'un des six français détenus au Sahel par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s'est adressé samedi aux ravisseurs dans une vidéo. Sa démarche divise les familles des otages.

"Si nous choisissons aujourd'hui de nous adresser à vous, c'est que nous ne comprenons pas pourquoi tout est bloqué", déclare Clément Legrand dans la vidéo adressée aux ravisseurs. Il est le frère de Pierre Legrand, originaire de Loire-Atlantique et enlevé au nord du Niger il y a 27 mois avec Thierry Dol, Daniel Larribe et Marc Ferret, Ces quatre collaborateurs du groupe nucéaire public Areva et de son sous-traitant Satom ont été enlevés le 16 septembre 2010 sur le site d'extraction d'uranium d' Arlit. Trois autres personnes kidnappées en même temps qu'eux ont été libérées en février 2011. Parmi elle, l'épouse de Daniel Larribe, Françoise.

"Nous tenons à vous dire que nous, les familles, faisons tout notre possible auprès du gouvernement, des entreprises mais aussi des Français pour que soit déclenchée une réelle négociation", poursuit-il, dans la vidéo.
Le document a été transmis, selon la porte-parole des familles, au site internet Sahara Médias, qui avait diffusé en septembre une vidéo des otages au Niger.

L'appel de Clément Legrand aux ravisseurs de son frère

Cet appel direct aux ravisseurs - rarissime sous cette forme - traduit l'exaspération" des familles privées d'information, a commenté Frédéric Cauhapé, beau-frère de Marc Féret. "C'est une démarche commune des proches des employés de la Satom", a-t-il déclaré. "Cela fait 27 mois et on n'a pas de nouvelles. Cette démarche traduit notre exaspération devant le manque d'information. On s'adresse à la source", a-t-il ajouté.
Si, selon la famille Legrand, les proches de Thierry Dol se sont associés à cet appel vidéo, l'ex-otage lotoise Françoise Larribe, épouse de Daniel Larribe toujours retenu au Niger, s'y est dite "formellement opposée".
"Non je ne m'associe pas à cette démarche", a souligné Mme Larribe, libérée le 24 février 2011 avec deux otages malgache et togolais, plus de cinq  mois après avoir été enlevée.

L'appel a également "surpris" les proches des deux otages d'Aqmi au Mali, Serge Lazarevic et Philippe Verdon, enlevés en novembre 2011.
Jean-Pierre Verdon, le père de Philippe Verdon, a relevé que les proches des six otages d'Aqmi au Sahel s'étaient retrouvés vendredi pour
une conférence de presse à Paris, en présence de proches de Pierre Legrand, pour presser François Hollande d'agir, mais qu'il n'avait pas été question de cet appel.
De même Pascal Lupart, président du comité de soutien à Philippe Verdon et Serge Lazarevic,  s'est interrogé: "Dans quel but cela est-il fait? Si on a quelqu'un à interpeller, je ne pense pas que ce soient les ravisseurs". La fille de Serge Lazarevic, Diane Lazarevic, a pour sa part regretté le manque d'informations fournies aux familles par les autorités françaises, déplorant ne plus avoir de contact avec le chef de l'Etat. "François Hollande s'était engagé personnellement à tout mettre en oeuvre pour faire libérer les otages. Cela fait deux mois qu'on l'a vu et cela fait deux mois qu'on n'a pas de nouvelles", a-t-elle regretté, ajoutant ne pas avoir été informée non plus de la démarche de Clément Legrand.
L'Elysée n'a pas réagi après la publication de cette vidéo. Le Quai d'Orsay a indiqué : "c'est une décision de la famille que nous ne  commentons pas".

Le reportage de France 3 Midi-Pyrénées :
 




 

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