Le Tarnais Mont Roucous dément les résultats de l'enquête de 60 Millions de Consommateurs

© AFP PHOTO THOMAS COEX
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La société Mont Roucous, basée dans le Tarn et qui produit de l'eau minérale plate au coeur du Parc Naturel du Haut-Languedoc nous a contacté à la suite de l'enquête menée par 60 Millions de Consommateurs. Elle dément formellement la présence de traces d'un médicament dans ses bouteilles.

Par Valérie Luxey

La réponse n'a pas tardé. Publiée ce matin, l'enquête de 60 Millions de Consommateurs sur les eaux en bouteille a vivement fait réagir la société tarnaise Mont Roucous.
Mise en cause comme de nombreuses autres marques d'eau minérale, la PME de 40 salariés, basée au coeur du Parc Naturel du Haut-Languedoc, conteste les résultats faisant état de la présence dans ses bouteilles de Tamoxifène (une hormone de synthèse utilisée dans le traitement des cancers du sein).
Il est à souligner que seule cette molécule est mentionnée dans l'étude et que l'eau Mont Roucous est exempte de Naftidrofuryl, contrairement à ce que nous annoncions dans un premier temps.

Des contre-analyses menées par la société contredisent l'enquête

Dans un communiqué, Mont Roucous précise avoir fait réaliser des contre-analyses après que 60 Millions de Consommateurs lui ait communiqué les résultats de son étude, en février dernier.
Ce communiqué indique: "Suite aux réserves que nous avions concernant ces résultats d’analyses, nous avons fait procéder à deux contre-expertises, dans un laboratoire indépendant du CNRS et de l’Université de Bordeaux, dirigé par le Docteur Hélène Budzinski et spécialisé dans la recherche de ce type de molécules dans des traces aussi faibles. A ce laboratoire, nous avons envoyé des bouteilles du jour de production à une heure très proche de celle analysée par le magazine ainsi que des bouteilles de la production actuelle".
Ces échantillons ont été prélevés sur la production d'avril 2012 et de février 2013. Et le résultat est très différent. Là où 60 Millions de Consommateurs mesurait une teneur en Tamoxifène de 138 nanogrammes par litre d’eau, les contre-analyses n’ont révélé "aucune trace de cette molécule, avec un seuil de détection à 0.01 nanogramme par litre d’eau".

La société conteste la fiabilité de la méthodologie employée

Lors d'un entretien téléphonique, Denis Bernard, directeur d'expoitation de Mont Roucous, nous a précisé avoir communiqué les résultats de ces contre-analyses à 60 Millions de Consommateurs, sans réponse à ce jour de l'organisation. Il s'interroge aujourd'hui sur la méthodologie employée pour cette enquête et sur sa fiabilité. Et se demande comment des traces de médicaments ont pu être décelées dans une eau jaillissant à 1000 mètres d'altitude, dans un périmètre protégé couvert de 60 hectares de forêt originelle.

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