Le journaliste aveyronnais Roméo Langlois obtient le prestigieux prix Albert-Londres

Roméo Langlois lors de la cérémonie de remise du prix Albert-Londres, à Montréal. / © AFP/Michel Viatteau
Roméo Langlois lors de la cérémonie de remise du prix Albert-Londres, à Montréal. / © AFP/Michel Viatteau

Les journalistes français Doan Bui (Le Nouvel Observateur) et Roméo Langlois (France 24) ont remporté le Prix Albert Londres 2013, a annoncé vendredi à Montréal Annick Cojean, présidente du jury de la plus prestigieuse récompense du journalisme francophone.

Par Marie Martin

Roméo Langlois a été récompensé pour son reportage vidéo "A balles réelles" (produit par Woow your Life) qui relate une opération antidrogue de l'armée colombienne qui tourne au fiasco.
Pris en embuscade par les Farc (guérilla), les soldats tombent un à un autour du reporter qui, blessé à l'avant-bras, refuse de prendre un fusil comme l'enjoint un militaire. A l'issue de l'attaque, le journaliste est fait prisonnier par la guérilla et ne sera libéré qu'au bout de 33 jours, le 30 mai 2012.
  • "C'est un pays qui me tient énormément à coeur, que j'ai couvert pendant très longtemps (12 ans, NDLR), qui est en guerre, qui est totalement oublié des médias donc (ce prix) est selon moi une manière aussi de rappeler la situation de la Colombie", a notamment déclaré Roméo Langlois.
Surtout, a-t-il ajouté, ce reportage souligne "la vacuité de la guerre antidrogue, comment on sacrifie des vies humaines et comment on gaspille énormément d'argent pour monter des opérations militaires qui parfois tournent court et pour en fin de compte détruire un misérable laboratoire qui appartient à un misérable paysan qui cultive un peu de coca pour nourrir sa famille".
Roméo Langlois est originaire de l'Aveyron où réside sa famille. En février 2013, il a publié un ouvrage intitulé "Jungle Blues", qui revient sur sa détention. 
La 80ème édition de ce prix, considéré comme le Goncourt du journalisme de langue française, se tenait pour la première fois à Montréal. Le jury avait délibéré mercredi dans les locaux de la radio-télévision publique Radio-Canada et la cérémonie s'est tenue dans la Grande Bibliothèque à qui le jury a remis deux exemplaires originaux d'ouvrages d'Albert Londres, le grand reporter décédé en 1932 qui a inspiré ce prix.

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