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La feria de Séville. Ni Juli, ni Talavante, ni Perera, ni Morante

Morante en septembre 2013 à Dax. Le toro est un Victorino / © Louise de zan
Morante en septembre 2013 à Dax. Le toro est un Victorino / © Louise de zan

Il avait été annoncé cinq fois à l'affiche de Séville 2015, comme autrefois Curro Romero. Mais Morante de la Puebla, c'est de lui qu'il s'agit, ne viendra pas du tout. La crise qui avait secoué la Maestranza l'an denier n'est donc pas finie. 

Par Joël Jacobi

Au siècle dernier, on interrogeait Diodoro Canorea, le responsable de la programmation des arènes de Séville : "pourquoi engager cinq fois dans la feria Curro Romero?" La réponse était délicieuse : "parce qu'il ne me demande pas de venir six fois".
Depuis la feria d'avril 2000, c'est Eduardo, fils de Diodoro qui, en association avec Ramón Valencia (le gendre de Diodoro), est  aux commandes. Diodoro est mort et Curro (tout arrive) est à la retraite. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'en quelques années, les choses ont bien changé. Plus question de réunions qui n'avaient de secrètes que le nom. Plus question de rumeurs qui de bar en bar et de semaine en semaine confectionnaient les cartels. L'usage paraissait pourtant immuable. À partir du 6 janvier, Don Diodoro commençait à voir les toros au campo et à parler avec les représentants des principales vedettes. Et à la fin du mois, n'importe quel garçon de café du quartier de l'Arenal pouvait vous annoncer sans beaucoup se tromper le programme de la feria.
C'est fini.
La crise économique est passée par. La télévision à péage a installé ses caméras de direct, apportant d'abord beaucoup d'argent, puis nettement moins. Certains toreros se sont attachés les services d'improbables "assesseurs d'image" qui sont supposés gérer leur communication. Les prétentions des uns et l'indélicatesse des autres a fait le reste : rien n'est plus comme avant à la Maestranza. Même si le public est (presque) aussi nombreux, même si de nouvelles figures ont (presque) remplacé les vieilles gloires dans le cœur des aficionados du lieu, on voit bien que les cartels sont de plus en plus difficiles à monter.
L'an dernier, ça a explosé. Un inattendu G5 - Juli, Morante, Perera, Talavante, Manzanares - a déclaré que ça suffisait comme ça, il ne viendrait pas à Séville tant que les organisateurs restaient en place. Question de respect. On avait cru comprendre que le mot "respect" signifiait surtout "montant du cachet". Et on entendit toutes sortes de choses à propos de la taxe exorbitante que les propriétaires du bâtiment prélevaient sur les recettes, à propos des soldes de misère réservées aux toreros modestes alors que les gradins étaient bien garnis, à propos aussi des interminables délais de paiement.
Mais tout semblait devoir s'arranger cette saison.  Eduardo Canorea présenta ses excuses. Les figures déclarèrent que bon d'accord, "on les accepte et on viendra toréer à Séville par respect pour le public qui ne mérite pas de souffrir de notre absence". Et la veille de Noël 2014, un communiqué officiel annonçait que Manzanares serait à l'afficche de la feria. Ouf.
Il y eut des doutes quant à la présence des autres. Perera en particulier semblait encore fâché. Puis la semaine dernière, renouant avec la tradition familiale, Eduardo laissa filtrer la rumeur: Morante ferait cinq paseos. Comme Curro au bon vieux temps.
Et voilà qu'aujourd'hui, patatras! Tout tombe à l'eau. Perera n'est pas revenu sur sa décision. Talavante a déclaré à la radio qu'il ne serait pas à Séville en avril. Juli, pareil. Et Morante publie un communiqué expliquant qu'à son grand dam, une année de plus, il allait falloir se passer de lui!
On en saura plus dans les jours qui viennent. Peut-être.
Voici en attendant le "communiqué officiel" de Morante.

 

 

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