Affaire Chloé : l'enquête judiciaire progresse en Allemagne et dans le Gard

Offenbourg (Allemagne) - voiture du ravisseur de Chloé - 16 novembre 2012 - POLICE OFFENBURG / © AFP PHOTO / POLICE OFFENBURG
Offenbourg (Allemagne) - voiture du ravisseur de Chloé - 16 novembre 2012 - POLICE OFFENBURG / © AFP PHOTO / POLICE OFFENBURG

Les auditions de Kamel Bousselat en Allemagne et de la jeune Chloé à Nîmes devraient permettre aux enquêteurs de comprendre l'enchaînement des faits de la semaine de captivité de cette mineure de 15 ans.

Par Fabrice Dubault


Pour Chloé, qui a confié aux enquêteurs avoir "souvent eu peur de mourir" et que c'était "en pensant à sa famille et ses amis qu'elle a tenu le coup", le retour à la vie normale s'avère difficile.
"Elle a quand même subi un traumatisme, mais elle a une volonté, une rage hors norme", a affirmé sa mère Violette à France 2.
"Samedi, il y a eu une grande émotion. Elle a retrouvé sa famille, elle a beaucoup pleuré, elle a beaucoup extériorisé ses sentiments", a ajouté la mère de l'adolescente, avouant que Chloé a encore peur: "Je lui ai dit: +trouve-toi un petit soutien, une petite phrase magique, qui te rassure+".

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Le ravisseur présumé de Chloé affirme être tombé "par hasard" sur l'adolescente, ont expliqué lundi les enquêteurs allemands, tandis que la justice française s'interroge sur d'éventuels ratés ayant permis au suspect d'échapper à toute surveillance depuis sa sortie de prison.
L'information judiciaire ouverte à Nîmes porte sur les faits d'enlèvement, séquestration et viol, mais enquêteurs allemands et français n'ont pas confirmé que la jeune fille, retrouvée vendredi à Oppenau (Allemagne) une semaine après sa disparition dans le Gard, ait parlé de viols lors de ses auditions.

Selon une source française proche du dossier, un message adressé par la police allemande aux autorités françaises vendredi "faisait allusion à un viol".

"Vu que le suspect et la victime sont Français, et que les délits se sont déroulés surtout en France, de notre point de vue, rien ne s'oppose à une remise aux autorités (dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen, ndlr)", a déclaré M. Schäfer.
Le retour en France du suspect devrait intervenir "rapidement", a indiqué une source judiciaire française, sans donner de date.

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Affaire Chloé : le point sur l'enquête après l'ouverture d'une information judiciaire pour viol
Affaire Chloé : le point sur l'enquête après l'ouverture d'une information judiciaire pour viol


L'homme mis en examen en Allemagne, âgé de 32 ans et originaire du Gard, "cherchait une victime, il roulait dans une voiture volée, et par hasard il est arrivé à l'endroit où elle habitait", a expliqué lundi le procureur d'Offenbourg (Allemagne), Herwig Schäfer.
"Et par hasard à ce moment-là elle rentrait à la maison, il l'a vue et a décidé de l'enlever", a-t-il ajouté, précisant que le suspect avait fourni très peu d'autres éléments aux enquêteurs allemands, préférant, sur les conseils de son avocat, faire usage de son droit au silence.

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Affaire Chloé : le point sur l'enquête allemande après la conférence de presse justice-police
Affaire Chloé : le point sur l'enquête allemande après la conférence de presse justice-police


Le parquet et la police d'Offenbourg sont par ailleurs revenus sur les circonstances de la libération de l'adolescente à l'occasion d'un accident de la route provoqué par son ravisseur, pris en chasse pour une affaire de vol.
Après l'accident, survenu devant un supermarché à Oppenau près d'Offenbourg, le voleur a pris la fuite à pied et a été rapidement interpellé. Il a alors indiqué de lui-même aux policiers qu'une adolescente se trouvait dans le coffre de sa voiture, a souligné M. Schäfer.

L'examen médico-légal en Allemagne a révélé des "traces de liens aux mains", mais pas "de blessure grave" alors que Chloé n'était pas attachée au moment de sa découverte.
Chloé et son ravisseur sont passés "par l'est de la France et l'Italie". "Il la cachait dans le coffre notamment pour passer les frontières car il savait qu'elle était recherchée", a dit le procureur, ajoutant qu'ils "restaient dans la voiture" la nuit, dans des lieux éloignés.
"Kamel a détruit sa famille. On a fait avec nos moyens pour lui inculquer le bien et le bon chemin. Il n'a pas su le trouver", déplore Sadia, la mère du ravisseur présumé, dans un entretien au quotidien Le Parisien à paraître mardi.

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