Ariège : nouveaux recours en justice contre les chasseurs pour sauver des oiseaux menacés

La préfecture de l’Ariège a autorisé début octobre la chasse de 10 lagopèdes alpins et 20 perdrix grises des montagnes. L’association One Voice a saisi le tribunal administratif de Toulouse. Hier, le Comité écologique ariégeois a obtenu la suspension de l'arrêté pour le lagopède. Comme d'habitude.

On prend les mêmes et on recommence. D'un côté, les associations de protection des animaux et des oiseaux. De l'autre, les chasseurs et un "prélèvement" réglementé pour certaines espèces d'oiseaux de montagne en voie de disparition. 

Des arrêtés préfectoraux contestés en justice et annulés depuis 2009

C'est presque devenu un rituel. Alors que la perdrix grise des montagnes et le lagopède alpin (perdrix des neiges) sont protégés par la directive Oiseaux de l’Union Européenne, des arrêtés préfectoraux autorisent tout de même la chasse, mais contingentée : 10 lagopèdes alpins et 20 perdrix grises des montagnes par chasseur, entre le 3 et le 24 octobre.

Le 1er octobre, la préfète d'Ariège a pris un arrêté en ce sens. Comme d'habitude, des associations comme le Comité Écologique Ariège (CEA) et One Voice contestent le texte devant les tribunaux. Le 13 octobre, le CEA a obtenu en référé la suspension de l'arrêté. Et depuis 2009, tous les ans c'est la même chose. À se demander pourquoi les autorités continuent de prendre ce type d'arrêté.

On est toujours dans une zone de non-droit avec les chasseurs

Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice

Le politique toujours du côté des chasseurs ?

Avec la victoire du CEA en référé pour le lagopède alpin, l'association One Voice maintient son recours devant le Tribunal administratif de Toulouse pour la perdrix grise prévu le 18 octobre. Lagopèdes alpins, perdrix grises, grands tétras et autres oiseaux de montagne auront donc gagné un peu de répit.

Mais selon nos confrères de La Gazette Ariégeoise, l'avocat des chasseurs a reconnu que 4 oiseaux ont déjà été tués. De quoi mettre en colère Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice qui se bat pour protéger les animaux depuis 1995 : "Les chasseurs tiennent les politiques, mais pas les tribunaux. Mais malheureusement, malgré des décisions de justice favorables, certains passent outre. Les chasseurs n'ont pas bonne presse mais les politiques sont encore tenus par les chasseurs. Nous l'avons vu avec le confinement. Alors que tout le monte était reclus chez soi, les chasseurs ont été autorisés à sortir pour exercer leur loisir ! Ils n'ont que faire de ce qui se passe et ils ont encore l'oreille des politiques. "

En Haute-Savoie, le Tribunal administratif a également donné raison il y a quelques semaines aux association de protection des animaux. En effet, le "prélèvement" d'espèce pour la chasse n’est autorisé que si l’indice de reproduction de l'espèce est égal ou supérieur à 0,4 jeune par adulte, ce qui n'était pas le cas dans ce département. En Ariège, le taux serait de 0,36 mais...

Après l'action du CEA et une victoire sur la forme, sans présumer de la décision du TA de Toulouse sur la perdrix grise, les associations vont aussi demander à la justice de se prononcer sur le fond dans les prochains mois. "Les lagopèdes comme les perdrix grises et les autres oiseaux de montagne sont des espèces vulnérables, pas encore en voie de disparition, mais en danger. Pourquoi ne les laisse-t-on pas en paix?" 

Muriel Arnal, One Voice et d'autres associations continueront donc de faire des journées d'action, de saisir les tribunaux... À moins qu'un jour les politiques délaissent la chasse aux voix auprès des chasseurs.

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