Ils pilotent des machines de 12 tonnes et 600 chevaux, l'incroyable performance des dameurs aux championnats de France

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Ces 22 et 23 mars, les championnats de France de dameuses se tiennent sur le domaine de Grandvalira, en Andorre. Des professionnels de la neige venus de tout le pays s'affrontent dans des épreuves d'une précision incomparable. L'occasion aussi d'évoquer l'évolution du métier face au manque de neige.

Quelques jours, seulement après avoir accueilli l'élite mondiale du ski alpin, l'Andorre a vu s'affronter sur son domaine de Grandvalira ces 22 et 23 mars ceux sans qui il ne pourrait pas y avoir de championnat : les dameurs ! L'esprit de compétition était bien là même si l'ambiance était particulièrement conviviale. Il reste un lieu de rencontre pour les participants venus des quatre coins de la France, et surtout de formation pour les débutants dans le métier. 

Ce mercredi 22 mars se tenaient deux épreuves de précision : la première, dite "des montagnes russes", consiste à déplacer un bâton entre deux barres parallèles sans les toucher. La seconde, elle, n'est pas à la portée du premier venu quand on sait que ces appareils pèsent 12 tonnes avec 600 chevaux dans le moteur. Il faut parvenir à saisir un petit objet pour le déposer sur une petite caisse à quelques centimètres. Tout un art ! 

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L'une des épreuves des championnats de France de dameuses ©FTV

"C'est la passion qui fait la différence"

Mais alors, qu'est-ce qui fait un bon dameur ? Pour Didier Bic, directeur général de la filiale française du constructeur d'engins organisateur Kässbohrer, cela demande au moins cinq ans de pratique. "Il faut être sensible à la qualité de la neige, avoir des notions de nivologie, de météo et puis être skieur ou snowboardeur soi-même idéalement. Un bon dameur doit avoir un toucher de neige pour savoir quelle pression mettre". Didier Lafargue, responsable damage en association de ski, ajoute qu'il faut avant tout "c'est la passion qui fait la différence".

Les machines restent extrêmement techniques parce qu'elles permettent de travailler très finement le manteau neigeux, et ce dans n'importe quelles circonstances et n'importe quel terrain. Elles ont d'ailleurs été mises à rude épreuve cette saison face au manque de neige partout en montagne. 

Imaginer la neige de demain

"La nature nous fournit moins régulièrement qu'avant donc là le rôle des machines est encore plus important" explique Henri Barbier, le directeur technique de Grandvalira. Car si la machine peut vite revenir chère (entre 200 000 et 380 000 euros pièce), la politique est également à l'économie en matière de production de neige. "Heureusement, aujourd'hui, les machines sont assez modernes pour nous aider à estimer la quantité de neige dont on aura besoin pour tenir toute la saison". 

De nombreuses interrogations demeurent aussi pour que ces dameuses deviennent les moins polluantes possibles. Si elles fonctionnent aujourd'hui au diesel, le constructeur d'engins tout terrain PistenBully, basé en Savoie, dévoilait en 2019 au Salon interalpin d'Innsbruck, en Autriche, une dameuse totalement électrique d'une autonomie de trois heures et pratiquement silencieuse. Une première mondiale à cette époque.

Face au changement climatique, le recours au "snowfarming" s'est lui aussi développé dans les stations de ski françaises. Cette pratique, qui consiste à conserver de la neige d'une année sur l'autre, est présentée comme écologique, puisque la neige est recyclée, mais elle est aussi décriée en raison de l'empreinte carbone qu'elle génère de par son transport par camion.

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