"Nous allons nous retrouver avec des tirs létaux" : le coup de gueule des agriculteurs, après la suspension des autorisations de tirs d'effarouchement de l'ours en Ariège

Mercredi 24 août, le tribunal administratif de Toulouse a suspendu 6 arrêtés de la préfète de l’Ariège autorisant des tirs d’effarouchement de l’ours. Le président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège réagit à ce coup dur.

L’annonce est rude pour les agriculteurs de l’Ariège. Ce mercredi 24 août, le tribunal administratif de Toulouse a suspendu 6 arrêtés de la préfète de l’Ariège autorisant des tirs d’effarouchement sur l’ours sur certaines estives.

“C’est vraiment un très gros coup au moral pour tout le monde ici”, réagit Philippe Lacube, le président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège. “Le juge donne la priorité aux ours et pas aux hommes et aux femmes des montagnes. On fait fi de la souffrance et de la douleur des éleveurs.”

Dans sa décision, le juge des référés argue le peu de brebis prédatée depuis le début des estives (entre 2,35% et 3,37% des troupeaux). Un chiffre mis en balance par les agriculteurs. “C’est vrai si l’on prend l’ensemble des estives pyrénéennes", précise Philippe Lacube. “Mais dans le Couserans, nous sommes entre 10% et 15% de brebis tuées. Dans cette partie des Pyrénées, qui regroupe 17 communes, nous avons 70 ours sur les 75-76 recensés dans toute la montagne !”

Des risques de dérives

Une hyper-concentration des ours qui menace chaque jour le travail des éleveurs. Avec ces tirs d’effarouchement, ils espéraient alors pouvoir recréer la peur de l’humain chez l’ours et ainsi mieux protéger leurs troupeaux. “Le risque, c’est qu’au lieu d’avoir un cadre légal, nous risquons de nous retrouver face à des situations illégales avec des tirs létaux et je le regrette”, déclare le président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège. 

Autre argument avancé par le tribunal administratif et contesté par les éleveurs, la mise en place des mesures de protection. "Cinq des six groupements pastoraux n’ont pas mis en place le triptyque des moyens de protection des troupeaux (présence humaine, parcs de regroupement fermés et chiens de protection), pourtant régulièrement recommandé", a précisé le juge des référés. Mais pour être indemnisés, les agriculteurs ne sont obligés d’installer que deux mesures de protection sur les trois proposées.