Assassinat d'Erika à Perpignan : l'accusé Kader Djidel reconnait sa responsabilité

Rebondissement au procès en appel de l'assassinat d'Erika aux assises de l'Aude. L'accusé Kader Djidel reconnaît sa responsabilté et être le propriétaire du couteau. Erika a été poignardée à 35 reprises et égorgée en août 2015, dans un parc public à Perpignan.

Erika a été assassinée en août 2015, dans le Parc Maillol à Perpignan, elle allait avoir 18 ans.
Erika a été assassinée en août 2015, dans le Parc Maillol à Perpignan, elle allait avoir 18 ans. © INA Archives

En 2019, Kader Djidel avait été condamné par la cour d'assises à Perpignan à 30 ans de réclusion pour l'assassinat de son ex-petite amie, Erika Troadec- Elfaquir. 

Aujourd'hui il comparaît à nouveau devant les jurés de Carcassonne pour avoir fait appel de cette première condamnation.

Le couteau, c'est moi qui l'avais et non Erika. j'ai menti de façon monumentale.

Kader Djidel, l'accusé

Le président Philippe Piquet lui demande : "Vous aviez un casier vierge avant les faits. Expliquez nous, pourquoi vous avez décidé de faire appel?".

Kader Djidel répond : "Tout au long de l'enquête, j'ai gardé les choses pour moi. Ce jugement, c'est un peu ma dernière chance. Je veux expliquer clairement ce que j'ai fait. Lors du premier procès, mes explications n'étaient pas claires. J'ai menti de façon monumentale, j'avais peur. Le couteau, c'est moi qui l'avais. 

Une nouvelle ligne de défense pour amoindrir sa peine ?

Son nouvel avocat, Maître Clarisse Serre, avait anticipé et annoncé la couleur de sa ligne de défense.  "Kader Djidel va sans doute vous le dire mais le couteau, c'est lui qui le portait". 

Lors de son premier procès en 2019, l'accusé avait toujours nié et déclaré que c'est Erika, son ex-petite amie, qui avait le couteau sur elle, qu'il s'en était emparé pour lui asséner 35 coups et l'avait égorgée dans un "coup de folie" expliquait-il à l'époque.

Du coté des avocats des parties civiles, on lève les yeux au ciel. L'avocate générale, Anissa Jalade, qui représente le ministère public, a du mal à croire à cette nouvelle version et reprend la question posée par l'un des avocats de la famille de la victime :

" Serait-ce une forme de reconnaissance sincère de la part de Kader Djidel ou bien est-ce une reconnaissance utilitaire, si je puis dire ? ". 

Anissa Jalade, Avocate générale

Entendez par là, selon elle, un moyen de voir sa condamnation se réduire. Une crainte éprouvée par la mère d'Erika : "Qu'est-ce qu'il cherche en faisant appel ? A gagner 10 ou 5 ans de moins ! Mais non, moi je dis : c'est pas possible", lâche-t-elle partagée entre le chagrin et la colère d'avoir perdu sa fille de 17 ans au moment des faits.

"Qu'est-ce qu'il cherche en faisant appel ? A gagner 10 ou 5 ans de moins ! Mais non, moi je dis : c'est pas possible !"

la mère d'Erika.


Trop tôt pour dire si cette nouvelle ligne de défense avancée par Clarisse Serre sera payante. Cette avocate de Bobigny, en région parisienne, est réputée pour défendre et gagner des dossiers difficiles. Faire reconnaître par son client qu'il avait le couteau pourrait-être un moyen de le "dédouaner en partie".   

Alteration du discernement : les rapports d'expertises se contredisent 

L'autre point sur lequel elle pourrait avancer sa ligne de défense porte sur les expertises psychiatriques. Plusieurs rapports ont été établis. Les uns contredisant les autres, avec au centre la question primordiale : y-a-t-il eu altération du discernement au moment des faits ?

Difficile d'avoir une réponse claire et de se faire une opinion. Côté accusation comme côté défense, les avocats tentent tant bien que mal de comprendre. Même chose quant à la personnalité de Kader Djidel qualifié par certains psychiatres de "personnalité border line" ceux que d'autres récusent. 

"J'ai souvent entendu dire que c'était un crime passionnel. Je dis : c'est un crime d'égoïste".

Kader Djidel

"En cinq ans, j'ai grandi. Aujourd'hui, j'arrive à reconnaître que je suis responsable à 100% de mon acte. Depuis 2015, j'ai beaucoup réfléchi sur le pourquoi ", poursuit l'accusé.

Et de déclamer à la cour sous la forme d'une anaphore : "J'ai tué Erika parce que notre relation me faisait beaucoup souffrir. J'ai tué Erika parce qu'elle allait me quitter. J'ai tué Erika parce que j'avais peur qu'elle soit avec un autre. C'est un crime d'égoïste". 

Qu'auront pensé et retenu les jurés lors de cette première journée d'audience alors qu'ils découvraient pour la première fois Kader Djidel, 23 ans aujourd'hui ? Les débats sont loin d'être finis. Le procès va se poursuivre toute la semaine. 

 

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