Aude : après l'arsenic, des habitants de la Vallée de l'Orbiel découvrent leur exposition à d'autres produits toxiques

En 2018, l'Aude connaissait de graves inondations. Les fortes pluies avaient déplacé des éléments polluants des anciennes mines de la Vallée de l'Orbiel, exposant notamment ses habitants à l'arsenic. De récentes analyses viennent de révéler la présence d'autres produits toxiques. 

Alexandrine Castel et sa fille ont été exposées à d'autres substances toxiques.
Alexandrine Castel et sa fille ont été exposées à d'autres substances toxiques. © Frédéric Guibal / France Télévisions.
C'est un feuilleton qui dure depuis maintenant deux ans. En octobre 2018, l'Aude connaissait de très violentes inondations. En plus des dégâts matériels engendrés, les pluies ont aussi déplacé des substances toxiques des anciennes mines de la Montagne Noire. Des substances, qui ont des conséquences directes sur la santé des habitants, et notamment des enfants : des analyses ont démontré en 2019 que certains d'entre eux avaient été exposés à l'arsenic.

De nouvelles analyses sur des échantillons de cheveux

Pour les associations locales, le combat continue. Récemment, trois d'entre elles ont décidé de lancer une expérimentation pour détecter d'éventuelles expositions à d'autres produits toxiques : les analyses ont été réalisées par un laboratoire indépendant sur des échantillons de cheveux.

Le résultat est sans appel : sur les 100 volontaires de la Vallée de l'Orbiel testés, 62 répondent positivement à un ou plusieurs des 49 éléments chimiques à risque recherchés. "Nous remarquons que 30 métaux sont particulièrement présents", ajoute Gérard Balbastre de la délégation du Secours Catholique du Cabardès.

Les associations craignent un "effet cocktail", c'est à dire que la combinaison de plusieurs produits toxiques soit néfaste pour la santé, à moyen ou long terme. 

"Il faut que les pouvoirs publics se bougent !"

Alexandrine Castel habite le village de Mas-Cabardès depuis cinq ans. Avec sa fille, elles ont participé aux derniers tests lancés. Sans surprise, ces derniers révèlent la présence d'autres substances à risque : fer, manganèse, mercure, argent, galium...

Il y a quelques mois, la mère de famille avait déjà appris l'exposition de sa fille à l'arsenic. Aujourd'hui, après ces nouvelles analyses, elle crie son ras-le-bol.

C'est une preuve de plus qu'il y a quelque chose. Maintenant, il faut que les pouvoirs publics se bougent ! Ce n'est pas normal !

Une nouvelle étude sanitaire sur l'exposition à l'arsenic doit commencer dans les prochaines semaines dans la Vallée de l'Orbiel. Les associations souhaiteraient que tous les polluants soient pris en compte.
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