Aude : les brigades de tracing du Covid toujours en alerte à la CPAM de Carcassonne

Ils sont une cinquantaine à se relayer, 7 jours sur 7, à la Caisse primaire d'assurance maladie de Carcassonne, pour contacter toutes les personnes positives de l'Aude. Des brigades qui passent des journées entières au téléphone pour enquêter et alerter les cas contacts.

Pas de répit pour les brigades de tracing du Covid à Carcassonne, mais une légère accalmie.
Pas de répit pour les brigades de tracing du Covid à Carcassonne, mais une légère accalmie. © France 3 Languedoc-Roussillon
Tester, tracer, confiner : c'est la statégie mise en oeuvre dès la fin du premier confinement en France pour essayer de contenir la progression du Covid19. Une méthode qui repose sur le fait d'identifier les malades et leurs cas contacts pour les isoler. Un temps débordées par le nombre de cas, dans l'Aude les brigades de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) ont dû embaucher et commencent juste à reprendre le dessus.

Une véritable enquête par téléphone

Depuis le mois de mai, Sophie Fournes est brigadière. A la CPAM de Carcassonne, elle passe ses journées au téléphone avec des personnes testées positives au Covid-19 pour connaître leur situation et retracer leurs cas contacts.

"Est-ce que vous avez fait un voyage dans les 14 derniers jours en dehors de la région ou du pays de résidence?"
"Est-ce que vous pouvez avoir exposé une collectivité (un milieu scolaire, un Ephad, un établissement pénitentiaire)?"

Ce sont deux des nombreuses questions que la jeune femme doit poser à tous les Audois dépistés postifs au Covid.
Avant d'être brigadière à Carcassonne, Sophie était conseillère informatique à la Caisse primaire d'assurance maladie.
Avant d'être brigadière à Carcassonne, Sophie était conseillère informatique à la Caisse primaire d'assurance maladie. © France 3 Languedoc-Roussillon

On est obligés de poser beaucoup de questions et surtout on doit s'adapter à la personne. Toutes les personnes ne comprennent pas de la même façon alors on est obligés d'insister, de répéter...C'est vraiment une enquête!

Sophie Fournes, brigadière CPAM Aude

Un travail dans l'urgence


Comme Sophie, ils sont une cinquantaine à se relayer sept jours sur sept, neuf heures par jour pour contacter toutes les personnes testées positives dans le département de l'Aude. 
"Plus on attend, plus la personne va être en contact avec d'autres personnes et risque de les contaminer", s'inquiète Xavier Perraudin superviseur à la CPAM audoise.

L'idée c'est vraiment de briser la chaîne et de dire au plus tôt : attention vous êtes positif, mettez-vous en quarantaine chez vous, isolez-vous et prévenez-nous de toutes les personnes que vous avez cotoyées ces derniers jours et nous, on prend contact avec elles.

Xavier Perraudin superviseur brigades Carcassonne

Des renforts à la CPAM de Carcassonne


Pour assurer le traçage des cas contacts en plus de ses missions habituelles, la caisse primaire d'assurance maladie a dû recruter 21 agents. Des salariés en contrats à durée déterminée qu'il faut former avant de les envoyer en brigades d'autant plus qu'ils seront aussi chargés d'informer les malades sur leurs droits et sur les éventuelles démarches à mener.
Les 21 agents recrutés à Carcassonne le temps de l'épidémie sont formés aux brigades ou à remplacer leurs collègues dans les autres missions de la CPAM.
Les 21 agents recrutés à Carcassonne le temps de l'épidémie sont formés aux brigades ou à remplacer leurs collègues dans les autres missions de la CPAM. © France 3 Languedoc-Roussillon
" Parmi les questions sur la situation des personnes positives, on va leur demander s'ils peuvent pratiquer leur activité en télétravail, s'ils ont besoin d'un arrêt de travail" détaille Marianne Falandry, qui forme les nouveaux brigadiers à être à l'écoute..."On va vraiment les questionner pour savoir de quoi ils ont besoin exactement".

 Des brigades sous tension depuis octobre

Nous sommes passés de 30/40 cas quotidiens à parfois 200 voire 250 nouveaux malades positifs par jour. Alors heureusement, aujourd'hui, on sent une vague qui décroît très légèrement.

Antoine Bourdon, directeur CPAM Aude

Un ralentissement qui traduit, on l'espère, les premiers effets du reconfinement. Les établissements de santé de l'Aude ont enregistré une centaine de décés depuis le début de la pendémie, sans compter les Ephads qui ont été particulièrments touchés. Et plus de 110 personnes étaient encore hospitalisées pour Covid au dernier pointage de l'Agence régionale de Santé.

Le reportage à Carcassonne d'Alexandre Grellier et Frédéric Guibal pour France 3 Languedoc-Roussillon.

  
 
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