Aude : le Sénat enquête sur la pollution dans la vallée de l'Orbiel

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Écrit par Sylvie Bonnet
La mine d'or à ciel ouvert de Salsigne en mai 2003. Fermée en 2004, elle continue de polluer la vallée de l'Orbiel.
La mine d'or à ciel ouvert de Salsigne en mai 2003. Fermée en 2004, elle continue de polluer la vallée de l'Orbiel. © MaxPPP/Georges BARTOLI

Ce lundi, les membres de la commission d'enquête sénatoriale sur les problèmes sanitaires et écologiques liés à la pollution des sols visitent la vallée de l'Orbiel. Rencontre avec les élus et associations près de l'ancienne mine d'or de Salsigne dont l'arsenic empoisonne la terre et ses habitants.

Cette commission d'enquête sénatoriale a 5 mois. Ses membres (21) ont été nommés pour se pencher sur les régions victimes de pollutions des sols à cause d'une activité industrielle ou minière passée.

Une mine d'or empoisonnée


Et le site de Salsigne, dans l'Aude, est malheureusement l'un des sites phares en la matière....C'était la plus grande mine d'or d'Europe. Son exploitation, qui ne s'est arrêtée qu'en 2004, a charrié pendant plus d'un siècle les métaux, notamment l'arsenic présent naturellement dans les sols. Ce poison continue, aujourd'hui encore, à se déverser insidieusement dans la vallée de l'Orbiel, principalement par le délavement des eaux de pluie mais aussi par le vent éparpillant les poussières.
 

Plusieurs pollutions et intoxications importantes ont été signalées pendant l'exploitation du site. Puis des études épidémiologiques ont  révélé parmi les ouvriers de la mine de Salsigne l’existence d’une forte concentration de cancers du poumon (80 % supplémentaires par rapport au reste de la population) et de cancers du pharynx (+ 110 %). C'est d'ailleurs une des causes de la fermeture de la mine d'or.

Les enfants exposés à l'arsenic

Aujourd'hui, plus d'ouvriers mais c'est l'ensemble de la population de la vallée qui est susceptible d'être intoxiquée. La pollution, insidieuse au quotidien, s'est intensifiée avec les pluies et inondations importantes d'octobre 2018. Le danger est alors devenu visible à tous:
La terre des cours d'écoles s'est avérée chargée en arsenic et les analyses sur les enfants scolarisés dans la zone ont montré un taux anormal d'arsenic pour 58 d'entre eux.
La vallée de l'Orbiel est alors devenu le symbole de la dangerosité des sites industriels non dépollués sur la santé et les parents et habitants de la zone ont haussé le ton.

Dépistage renforcé préconisé dans toute la zone


Dans la foulée, la Haute autorité de santé, et c'est peu fréquent, est allée au-delà des préconisations de précautions sanitaires déjà en vigueur dans la vallée de l'Orbiel. Avec la Société de toxicologie clinique, elle a élaboré une recommandation à destination des professionnels et des pouvoirs publics sur le dépistage, la prise en charge et le suivi des personnes résidant dans une zone polluée à l’arsenic, c’est-à-dire celle dans laquelle on retrouve plus de 25 mg d’arsenic inorganique bioaccessible par kilo de terre.

Et maintenant?


La venue de la commission d'enquête du sénat sera l'occasion de faire le point sur le suivi médical préconisé par la Haute autorité de santé, pour savoir notamment si la surveillance recommandée s'est bien mise en place et n'a pas été perturbée par la période de confinement. 
Une commission à priori sensible au cas emblématique de la mine d'or de Salsigne. A la tête de ces "enquêteurs", Laurent Lafon, sénateur du Val-de-Marne et surtout la sénatrice audoise Gisèle Jourda, qui est tout naturellement rapportrice du dossier Salsigne et qui est aussi à l’origine de cette commission.
Les conclusions de cette enquête sénatoriale seront très certainement étudiées avec attention par les habitants voisins des quelques 300 000 sites industriels soupçonnés aujourd'hui de diverses contaminations dans toute la France. 
 

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