Carcassonne : peine alourdie en appel pour l'entraîneur de foot condamné pour le viol de ses jeunes joueuses

La cour d'appel de Carcassonne a condamné Laurent Belmonte, ancien entraîneur de football à 20 ans de réclusion criminelle assortie d'une sûreté des 2/3, qui n'avait pas été retenue en première instance. Il a été reconnu coupable de viols sur 4 jeunes joueuses, sa petite cousine et sa femme.
La Cour d'Assises de l'Aude
La Cour d'Assises de l'Aude © Alexandre Grellier | FTV
Laurent Belmonte s'est présenté devant la justice pour la seconde fois. L'ancien entraîneur de football à Autignac (Hérault) a été condamné le 5 juillet 2019 pour le viol de plusieurs fillettes et de son ex-épouse par la cour d'assises de l'Hérault.

Le quadragénaire a écopé en première instance de la peine maximale, 20 ans de réclusion criminelle, assortis de 10 ans de suivi médico-social. Il avait été reconnu coupable d'avoir violé et agressé sexuellement quatre jeunes joueuses de son club, âgées de 8 à 10 ans, entre 2014 et 2016, sa petite cousine de 12 ans, en 1996, ainsi que son ex-épouse.

En appel, l'avocat général a requis la même peine ce vendredi. la cour est partie délibérer à 12h. L'accusé ne reconnait toujours pas les faits. Dans sa plaidoirie, l'avocat de la défense David Mendel a tenté de dissocier les faits.

À l'issue de huit heures de délibération, la cour d'appel a condamné l'ancien entraîneur de football d'Autignac (Hérault), reconnu coupable de viols sur 4 jeunes joueuses, sa petite cousine et sa femme, à 20 ans de réclusion criminelle assortie d'une sûreté des 2/3 qui n'avait pas été retenue en première instance. Aucun des arguments de la défense n'a été retenue.

"C'est fini, on peut avancer," ont soufflé les familles à l'énoncé de la peine. "La décision du tribunal leur laisse le temps pour se reconstruire, elles peuvent enfin tourner la page", a avancé l'avocate de la partie civile.

Laurent Belmonte a maintenant cinq jours pour se pourvoir en cassation. "Laurent Belmonte doit maintenant accepter sa peine, il n'y aura pas de pourvoi en cassassion", a admis l'avocat de la défense. "La parole des enfants a été jugée crédible par les experts, il doit l'affronter. La peine de sûreté ne change rien sur le fond." 

Le même scénario décrit par les victimes

Les quatre jeunes victimes décrivent chacune la même scène, se répétant mercredi après mercredi, avant ou après les entraînements, au domicile de l'entraîneur. Pendant que les garçons jouaient aux jeux vidéo dans le salon du rez-de-chaussée, le coach en faisait monter une ou plusieurs à l'étage, sous prétexte d'aller chercher des jouets. C'est dans cette chambre qu'ont eu lieu les sévices, racontés en vidéo par les petites filles, qui n'étaient présentes à l'audience.

"Tout commence par cette enfant de 8 ans qui a dénoncé des faits", avait expliqué l'avocat d'une des parties civiles, Me Josy-Jean Bousquet, en juillet 2019. "Elle ne pouvait pas continuer à vivre avec ça dans la tête, elle l'a dit à ses parents et elle a bien fait. Puis on a découvert en cascade que ça concernait beaucoup plus de personnes, y compris il y a 20 ans de ça." 

Laurent Belmonte a également été reconnu coupable d'avoir abusé sexuellement d'une cousine lorsqu'elle avait 8 ans, et lui 19 ans. Les faits sont plus anciens, mais non prescrits.

Parmi les parties civiles, figure également son ex-femme, Sandra Belmonte. Celle dernière a retrouvé à son domicile des images d'elle, droguée et endormie, violée par son mari avec divers objets. 

Il clame son innocence

Laurent Belmonte a toujours nié en bloc et a recommencé, toujours aussi impassible devant les faits reprochés, en ce premier jour de procès. "Je n’ai absolument rien fait, tout est faux. Concernant les faits reprochés par ma femme, je l’ai fait à sa demande", a-t-il répété. "Ces gens sont des menteurs", s'était-il défendu en juillet 2019.

Son avocat, Me David Mendel, avait annoncé dès la sortie du procès qu'il allait faire appel. "Monsieur Belmonte réclamant son innocence, il est tout à fait logique qu'il demande un second procès, répondait alors l'avocat. Je suis très attristé qu'on puisse rendre des verdicts pareils, dans des dossiers où il manque des éléments et des preuves."

"La parole de l'un contre celle de toutes les autres"

La défense devrait une fois de plus plaider l'acquittement. Me Valérie Soulié, avocate de l'une des familles, redoute d'assister, cette année encore, à "un rendez-vous manqué" entre les deux parties.
 

Il y a un sentiment d'inachevé pour la famille. Au delà de la vertu thérapeutique qu'a pu avoir le procès, et la reconnaissance du statut de victime, il y a la grande souffrance de devoir revivre encore ces faits et d'être encore une fois accusé de mentir. La défense a soutenu la thèse du complot, mais le président l'avait souligné : ce n'est pas la parole de l'un contre l'autre, mais la parole de l'un contre celle de toutes les autres.

Me Soulié, avocate des parties civiles

La défense de l'accusé avait contesté les témoignages des victimes sans apporter d'éléments susceptibles de faire pencher la balance en sa faveur. Les réquisitions de l'avocat général avaient été suivies par la prononcitation de la sentence la plus lourde. 
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