Affaire Spanghero : comprendre le scandale de la viande de cheval avec cinq dates-clés

Castelnaudary (Aude) - l'entrepôt Spanghero - février 2013. / © F3 LR
Castelnaudary (Aude) - l'entrepôt Spanghero - février 2013. / © F3 LR

Deux ex-dirigeants de l'entreprise Spanghero à Castelnaudary, dans l'Aude et deux négociants néerlandais ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour leur responsabilité présumée dans l'escroquerie de la viande de cheval vendue comme du boeuf. Retour sur ce scandale qui a éclaté en 2013.

Par Joane Mériot

Le 8 février 2013, le scandale éclate


Le sous-traitant Comigel, qui produit notamment des plats surgelés pour Findus, annonce le retrait de tous ses produits après la découverte de viande de cheval et met en cause un de ses fournisseurs, la société Spanghero, basée à Castelnaudary (Aude) et détenue depuis 2009 par la coopérative basque Lur Berri. L'affaire, partie de Grande-Bretagne, met en lumière l'opacité des circuits d'approvisionnements dans l'agroalimentaire, dans un contexte de tromperie massive portant sur 750 tonnes de viande écoulées dans 13 pays européens, soit 4,5 millions de plats cuisinés, révèlera l'autorité française anti-fraudes (DGCCRF). La viande de cheval, qui venait notamment de Roumanie et d'autres pays d'Europe de l'est, était ensuite vendue à des industriels de l'agroalimentaire pour de la viande de boeuf.

Spanghero est également accusée d'avoir importé 65 tonnes de viande de mouton séparée mécaniquement, une méthode interdite depuis la crise de la vache folle pour éviter que des éclats d'os ou de moelle infectés se retrouvent dans l'aliment.
 

14 février 2013: agrément suspendu


Spanghero est accusée par le gouvernement de "tromperie économique" et voit son agrément sanitaire suspendu. Il est partiellement rétabli quatre jours plus tard, sauf pour l'activité de négoce en viande en raison de soupçons de réétiquetage. Le 19 avril, Lur Berri décide de vendre la société, placée en liquidation judiciaire avec poursuite de l'activité.


Juillet 2013: reprise de Spanghero


Le 5 juillet 2013, le tribunal de commerce désigne comme repreneur l'ancien rugbyman et hommes d'affaires Laurent Spanghero, qui avait créé l'entreprise en 1970. Le dossier prévoit la reprise de 90 des 240 salariés pendant au moins deux ans. La société, dont le nom est terni, est rebaptisée La Lauragaise. Un an plus tard, Laurent Spanghero dépose le bilan. Placée en redressement judiciaire, l’entreprise est reprise en juillet 2014 par le groupe agroalimentaire CA Holding.
 

Septembre 2013: mises en examen


L'ancien dirigeant de Spanghero, Jacques Poujol, et l'ex-directeur du site, Patrice Monguillon sont mis en examen en septembre 2013, notamment pour escroquerie en bande organisée. Un courtier en viande néerlandais, Johannes Fasen, est mis en examen en avril 2014 pour le même délit. Un deuxième négociant en viande néerlandais, Hendricus Windmeijer, est également poursuivi.

En 2016, le parquet demande le renvoi des quatre hommes devant la justice, dans un réquisitoire accablant de plus de 200 pages.
 

2018: ordonnance de renvoi


Jacques Poujol, Patrice Monguillon, Johannes Fasen et Hendricus Windmeijer sont renvoyés devant le tribunal correctionnel, principalement pour "tromperies" et "escroquerie en bande organisée", dans une ordonnance signée le 26 janvier 2018 par le juge d'instruction parisien Serge Touraine et dévoilée le 2 mars.

Un des prévenus interjette appel le 7 février, entraînant la saisie de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, qui devra se prononcer sur cette décision du juge.

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