“La peau et les mots” s'exposent à la Coopérative audoise de Montolieu

D'après le titre d’un ouvrage de Bernard Noël, l’exposition La Peau et les mots, à Montolieu, suscite une réflexion sur la relation entre corps et texte dans l’oeuvre de Michel Macréau et Stani Nitkowski. / © Fondation Cérès Franco
D'après le titre d’un ouvrage de Bernard Noël, l’exposition La Peau et les mots, à Montolieu, suscite une réflexion sur la relation entre corps et texte dans l’oeuvre de Michel Macréau et Stani Nitkowski. / © Fondation Cérès Franco

Une exposition de chair et de couleurs avec deux artistes à l'honneur, à partir du premier mai à la Coopérative de Montolieu. L'art brut de Michel Macréau et Stani Nitkowski, deux incontournables de la galériste Cérès Franco, anime jusqu'au 31 octobre prochain le village audois du livre. 

Par Sylvie Bonnet

Dans l'immensité de l'ancienne coopérative transformée en lieu d'Art, plus de 140 pièces de Michel Macréau et Stani Nitkowskices, issues de la collection Cérès Franco et de quelques collections privées. Peintures, dessins, projets d’affiches, lettres et carnets, accompagnés de témoignages vidéo et de tablettes numériques pour consulter les carnets et lettres.

 Michel Macréau , pionnier et visionnaire

Rencontré en 1960, c'est pour Cérès Franco un choc esthétique qui sera déterminant dans sa vie de galerie et de collectionneuse. Elle est fascinée d'emblée par cette énergie qui se dégage de ses toiles, par ce langage emprunté à l'enfance et cette immense liberté quant à l'utilisation des supports et sa manière de peindre.
Pique-nique du désespoir, peint par Michel Macréau, en 1964 dans l'appartement de Cérès Franco. / © Coll Cérès Franco
Pique-nique du désespoir, peint par Michel Macréau, en 1964 dans l'appartement de Cérès Franco. / © Coll Cérès Franco
Vingt ans avant Basquiat et les artistes du street-art, Michel Macréau propose une oeuvre mettant sur le même plan dessin, graphisme et écriture.Les mots et les signes, semblables à des graffitis, se présentent comme une extériorisation de ces corps et de leurs émotions qui viennent affleurer sur la toile, déplier et narrer une histoire sousjacente. Le message et le messager se confondent.

Stani Nitkowski, peintre et poète

Stani Nitkowski marque un autre temps de la vie de Cérès Franco, l'époque de sa galerie L'Oeil de Boeuf, où Jean Dubuffet lui adresse des artistes. Créateur inclassable, il a composé sur le papier et sur la toile un fantastique hymne à la vie, avec une violence et une passion fulgurantes.Nitkowski a laissé un riche ensemble de dessins et de lettres où le texte se présente en contrepoint des images, une véritable oeuvre à la calligraphie unique.
Les lettres dessins de Nitkowski à Cérès Franco. / © Coll. Cérès Franco
Les lettres dessins de Nitkowski à Cérès Franco. / © Coll. Cérès Franco
Autour d’eux sont rassemblées des oeuvres d’artistes issus de la Nouvelle Figuration ou de leurs émules.
La collection d’ex-voto, déjà montrée en 2015, est mise en regard, cette saison, avec une installation inédite proposée par l’artiste et designer Elizabeth Garouste. Au total, 96 artistes et plus de 400 pièces.

Toutes les informations sur cette exposition sur le site de la Coopérative à Montolieu.

Qui est Cérès Franco?

Cérès Franco est Brésilienne. Après ses études en histoire de l’art aux États-Unis, elle s’installe à Paris en 1951 pour mener à bien une carrière de critique d’art, de commissaire d’expositions puis de galeriste dans sa galerie L’OEil de Boeuf à Paris. Elle s'installera ensuite en Languedoc-Roussillon et pendant plus de 50 ans, Cérès Franco marque les milieux artistiques et constitue une collection de près de 1 500 oeuvres, qui figure aujourd’hui parmi les grandes collections mondiales d’art naïf, populaire et de la Nouvelle Figuration.

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