Menaces de mort, tags homophobes et nazis : "Aujourd'hui, j'ai peur de me faire assassiner"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Josette Sanna .

Jean-Marc, habitant de Bizanet dans l'Aude vit dans l'angoisse. Maison et voiture taguées, vitres brisées, menaces de mort et insultes font désormais partie de son quotidien depuis plus d'un an. Un des agresseurs aurait été identifié mais l'enquête de gendarmerie piétine.

"Aujourd'hui, j'ai peur de me faire assassiner". Depuis près de deux ans, Jean-Marc, 38 ans, vit un cauchemar. Tags homophobes, croix gammées, lettres de menaces, pas un jour ou presque sans que cet habitant de Bizanet ne subisse toutes sortes d'agressions. La dernière en date : une lettre et encore des menaces de mort.

Cette fois, on veut me décapiter

Jean-Marc

Les agressions se multiplient et l'enquête stagne.  

Tirs de mortier

Son numéro de téléphone dévoilé publiquement a été inscrit sur les abribus du village, suivis de termes incitant à la haine. Tout commence le 14 juillet 2021. Avec l'accord de la mairie, il organise un apéritif dansant dans sa rue. Il y convie des voisins et des amis. Vers 22h30, il reçoit un sms d'un voisin lui demandant de couper la musique. Il baisse le son mais reçoit alors un 2e message proférant des menaces si la musique n'est pas arrêtée. Ignorant ce second message, lui et ses invités essuient des tirs de mortiers, des insultes et des caillassages. Tout le monde doit se réfugier sans son garage.

Calvaire de plus d'un an

Le lendemain, il trouve dans sa boîte aux lettres un papier manuscrit couvert de croix gammées, d'insultes homophobes et antisémites. C'est devenu son quotidien depuis plus d'un an. Le 1er août 2021, il est agressé verbalement et physiquement lors d'un vide-greniers par un individu devant une centaine de témoins. Les organisateurs finissent par intervenir pour calmer l'agresseur en lui demandant de régler ses comptes plus tard et pas devant tout le monde. Choqué, Jean-Marc replie son stand et s'en va.

Plusieurs plaintes

Il a déposé plusieurs plaintes. Les témoins de l'agression ont été entendus, pas l'individu qui s'en est pris à lui. Jean-Marc - qui a l'impression que son dossier stagne - a alerté FLAG!, une association spécialisée dans la lutte contre les LGBT phobies et l'accompagnement des victimes.  "On l'a accompagné pour que les gendarmes prennent en compte son dossier. Nous allons intervenir au niveau central de la gendarmerie pour une prise en compte de sa situation localement. Il y a des éléments, des courriers...", indique Johan Cavirot, le président de l'association.

Deux tentatives de suicide

En juin 2022, Jean-Marc expose le drapeau LGBT sur sa maison, en signe de solidarité avec les victimes de violences homophobes dans le monde. 15 jours plus tard, les agressions reprennent de plus belle. En plus de tags et d'insultes, il retrouve sa voiture les pneus crevés et une vitre brisée. Jean-Marc confie avoir fait deux tentatives de suicide. Depuis la parution dans la presse de son témoignage, il a de nouveau été menacé, par le fils d'un chasseur cette fois. Ce dernier lui a promis que s'il continuait à faire publier des articles sur sa situation au Bizanet, une "balle dans son fusil serait pour lui".

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