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Pollution à l’arsenic dans l’Aude : “la question de l’environnement est venue dans un deuxième temps”, explique l’ARS

Salsigne (Aude) - les déchets de l'ancienne mine d'or - avril 2016. / © F3 LR F.Guibal
Salsigne (Aude) - les déchets de l'ancienne mine d'or - avril 2016. / © F3 LR F.Guibal

38 enfants de la vallée de l’Orbiel (Aude) présentent une surexposition à l’arsenic, depuis les inondations d’octobre 2018. Dans un entretien au Monde, le directeur adjoint de l’ARS Occitanie admet que l’Etat avait alors d’autres priorités que la pollution.
 

Par Richard Duclos

Mardi 13 août, l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie a annoncé que 38 enfants de la vallée de l’Orbiel, dans l’Aude, présentent un taux d’arsenic par gramme de créatinine supérieur à 10 microgrammes/gramme, valeur de référence. Une surexposition qui est la conséquence des inondations d’octobre 2018 dans le département, qui ont dispersé des déchets miniers toxiques.
 


Cette annonce a renforcé les craintes des habitants de la vallée. Dans un entretien publié sur le site du Monde lundi 19 août, le directeur général adjoint de l’ARS Occitanie répond à ces inquiétudes, qu’il dit comprendre "parfaitement, de même que la "colère contre les services de l’Etat". Jean-Jacques Morfoisse explique pourquoi il a fallu attendre huit mois pour que des analyses du sol soient effectuées, en reconnaissant que le risque de pollution à l’arsenic n’a pas été une priorité :
 

Il y a eu des urgences, il a fallu déménager des personnes âgées dont les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) étaient sous l’eau. Force est de constater que la question de l’environnement est venue dans un deuxième temps. Quand vous ne savez pas où faire dormir une personne âgée, la pollution dans l’Orbiel passe après, pardon d’être direct.
 


"On peut vivre dans cette vallée"


"Peut-être y a-t-il des endroits dans la vallée où il faut sécuriser davantage, voire dont il faut interdire l’accès", déclare-t-il par ailleurs, tout en assurant qu’ "on peut vivre dans cette vallée". "Mais il faut prendre des précautions au quotidien", souligne-t-il, dressant un parallèle avec le soleil qui multiplie les risques du cancer de la peau : "Quand on vit à Marseille, il faut mettre de l’écran total si on va à la plage. Quand on vit dans la vallée de l’Orbiel, il faut prendre un certain nombre de mesures dans son mode de vie."

Au total, 103 enfants de 11 ans ou moins ont été testés pour détecter une contamination à l’Arsenic. Vendredi 16 août, une trentaine de parents de la vallée de l’Orbiel se sont rassemblés devant l’hôpital de Carcassonne pour demander de nouveaux dépistages

 

"La question d’une nouvelle étude épidémiologique a été posée rapidement"

Après la publication de notre article, l’ARS Occitanie a souhaité apporté quelques précisions. D’abord en insistant sur l’urgence que représentaient le relogement des populations sinistrées et leur mise en sécurité après les inondations, une situation "exceptionnelle" pour laquelle "l’ensemble des services publics, de l’Etat comme des collectivités locales, ont été mobilisés".

Ensuite en soulignant que "la question d’une nouvelle étude épidémiologique a été posée rapidement à la suite des inondations". L’expertise de Santé Publique France a été demandée par l’ARS Occitanie, qui a aussi mis en place une étude des productions végétales de la vallée, pour en évaluer les risques et "réadapter si besoin les recommandations sanitaires pour la population". L’Agence indique aussi avoir tenu à répondre rapidement aux attentes de cette dernière, avec notamment un dispositif de surveillance médicale mis en œuvre dès le 8 juillet. Le dispositif d’analyse dont ont déjà bénéficié 103 enfants reste accessible à toutes les familles de la Vallée de l’Orbiel, ajoute l’ARS, qui prend en charge financièrement ces tests non remboursés par la sécurité sociale. En complément, une ligne téléphonique et une adresse mail dédiées ont été mises en place pour permettre à ces familles d’échanger avec l’ARS. Les équipes de l’ARS proposeront par ailleurs un accompagnement personnalisé à domicile, pour préciser leurs recommandations sanitaires au regard des habitudes de vie quotidiennes de ceux qui le souhaiteront.

Enfin, l’ARS rappelle l’engagement de l’Etat face à la pollution dans la vallée de l’Orbiel : de nombreuses études et actions ont été menées depuis plusieurs décennies. "Les premières recommandations hygiéno-diététiques ont été diffusées dans les communes de ce secteur dès la fin des années 1990", souligne l’Agence Régionale de Santé.
 

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