Aveyron : l'incendiaire du Bowling d'Onet-le-Château condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis

Le procès de l'incendiaire du Bowling, une institution d'Onet-le-Château (Aveyron), se tenait ce vendredi 20 novembre, devant le tribunal correctionnel de Rodez. L'homme poursuivi pour "destruction de bien d'autrui par un moyen dangereux" a été condamné à cinq ans de prison, dont deux avec sursis.

Le Bowling d'Onet-le-Château était parti en fumée, à la suite d'un incendie volontaire.
Le Bowling d'Onet-le-Château était parti en fumée, à la suite d'un incendie volontaire. © FTV
C'était le 30 juillet 2018 : vers trois heures du matin, Gilbert Bastide se réveille, un incendie est en train de ravager son établissement, le Bowling, une institution sur la commune d'Onet-le-Château, qui comprend douze pistes de bowling, un bar, un restaurant et un hôtel. Seul ce dernier sera épargné par le sinistre.

A l'époque, l'incendie fait grand bruit dans la région. Le Bowling en effet a déjà fait l'objet d'un mitraillage, deux ans plus tôt. Et cette fois encore, l'hypothèse criminelle se fait jour rapidement : des traces d'hydrocarbure sont retrouvées dans la cuisine du restaurant, point de départ de l'incendie.

Un an après les faits, les enquêteurs procèdent à l'interpellation d'un quadragénaire aveyronnais, déjà connu des services de police pour des voies de fait. La police le soupçonne d'avoir agi par vengeance, quelques mois après avoir été évincé de l'établissement, pour avoir abusé de l'alcool. 
La voiture de sa compagne était sur les lieux du sinistre, à l'heure où celui-ci s'est déclenché. A l'audience, celle-ci a indiqué que le véhicule sentait l'essence, lui de-même à son retour au domicile.

Incarcéré pour une autre affaire, le prévenu devait répondre ce vendredi 20 novembre devant le tribunal correctionnel de Rodez de "destruction de bien d'autrui par un moyen dangereux". Un délit passible de dix ans de prison.

Peu avant 20 heures, la Procureure de la République a requis huit années d'emprisonnement à son encontre, et cinq ans d'interdiction de port d'armes, assortis d'une obligation de soins et de suivi socio-judiciaire. Dans son réquisitoire, elle a insisté sur le risque de récidive, le prévenu ayant déjà quinze condamnations à son actif.

L'avocat du prévenu, maître Carmelo Vialette, a pris la parole tardivement. Il s'est appliqué à démonter point par point les éléments du dossier. Il a notamment évoqué une personne s'étant accusée du délit, sans avoir été auditionnée. Et a logiquement plaidé la relaxe.

Son client, à qui la présidente du tribunal a donné la parole en dernier, comme c'est la règle, a déclaré : "Je suis innocent, je n'ai rien à voir dans cette affaire". 

Le tribunal s'est retiré pour déliberer à 20h40. Deux heures plus tard, le tribunal a rendu sa décision : l'accusé a été condamné à une peine de cinq années de prison dont deux avec sursis, avec obligation de soins, et de travail afin d'indemniser ses victimes.
Il a été reconduit immédiatement à la maison d'arrêt de Druelle, en Aveyron, où il était incarcéré depuis plusieurs semaines pour d'autres faits. 
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