Aveyron : "La SAM a un avenir et doit avoir un avenir", annonce Carole Delga aux salariés de la fonderie

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Écrit par Corinne Carrière
Carole Delga, la Présidente de la Région Occitanie rencontre les salariés de la SAM à Viviez pour leur apporter son soutien et parler d'avenir.
Carole Delga, la Présidente de la Région Occitanie rencontre les salariés de la SAM à Viviez pour leur apporter son soutien et parler d'avenir. © Luc Tazelmati/FTV

Même si pour beaucoup il est déjà trop tard et que la confiance est rompue, la venue de Carole Delga représente un infime espoir. La présidente de la région Occitanie n’est pas venue faire des promesses mais a affirmé devant les 335 salariés de la SAM sa volonté de donner un avenir au site.

"La Sam a un avenir et doit avoir un avenir", a affirmé Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie devant des 335 salariés de l’entreprise, réunis ce lundi 29 novembre en assemblée générale. Vendredi dernier, la fonderie a été placée en liquidation judiciaire sans poursuite d'activité. Une décision illégale aux yeux des syndicats, qui demandent à Renault, le principal client, d'honorer ses commandes jusqu'en mars 2022.

"On a toujours l’objectif que Renault respecte ses engagements qu’il a pris devant les salariés, devant le tribunal, devant tout un territoire. Si il n’y a pas de solutions il faudra travailler sur un autre projet avec de la diversification. Il vaut mieux voir une entreprise toujours ouverte même si on doit ne plus travailler dans l’automobile et permettre la création d’emplois, permettre à certains salariés qui seraient licenciés de pouvoir avoir un emploi demain plutôt que de faire une croix définitive sur l’entreprise", a déclaré Ghislaine Gistau, déléguée syndicale CGT - SAM.

Devant le mur des portraits de tous les employés de la fonderie,  Sébastien Lacaze, salarié depuis plus de 25 ans exprime un sentiment d’amertume,  "c'est beaucoup d’incompréhension notamment par rapport aux annonces du gouvernement qui n’arrive pas à mettre la pression à Renault pour nous donner du chiffre d’affaires pour continuer à travailler sur ce site pour lequel il y a beaucoup de savoir-faire. Un sentiment de gâchis pour cette entreprise".

Sur site, la présidente de Région n’a pas voulu donner de faux espoirs aux salariés déjà très affectés par la situation. Mais Carole Delga sans faire de promesse ou rentrer dans des polémiques avec Renault se projette déjà dans l’après Sam.

La piste des investisseurs

"Si je suis là, c’est pour dire aux salariés qu’il y a un avenir industriel à la Sam, que cette fonderie continue à produire des pièces et que sur le bassin de Decazeville on aide d’autres entreprises qui ont des projets de développement. Le travail que nous menons au Conseil Régional est de faire en sorte de trouver des investisseurs dans le domaine de la fonderie et que d’autres secteurs comme la mobilité décarbonnée puisse se développer".

Carole Delga n’a pas souhaité donner plus d’informations sur l’avancée des négociations avec ces investisseurs,"plusieurs contacts sont pris avec des repreneurs, des investisseurs, pour l’instant ce travail est confidentiel. La Région peut donner des subventions, des avances remboursables, la région peut être actionnaire. On va continuer à travailler avec les représentants syndicaux, les collectivités locales, l’Etat et l’ensemble des milieux économiques".

Un Plan pour l’avenir des fonderies ?

Devant les salariés, la présidente de la Région Occitanie a expliqué "travailler avec les équipes dédiées à un avenir pour la fonderie et une diversification sur l’électromobilité, la mobilité décarbonnée". Pour Carole Delga la question des fonderies est fondamentale pour la souveraineté industrielle de la France. "Nous avons besoin de fonderie pour la filière automobile même si la motorisation va changer. A l’initiative de présidents de région, des trains à l’hydrogène circulent en France, et sur cette question de fonderie j’ai discuté avec des collègues j’ai élargi sur ce sujet et je suis sûre que l’on pourra y travailler et être dans une politique menée par les régions, de souveraineté et d’indépendance industrielle".

Marithé De Simone, salariée depuis plus de 30 ans au sein de l'entreprise ne décolère pas, pour elle Carole Delga arrive un peu tard :

Quel dégoût ces gros industriels qui se remplissent les poches et c’est toujours les salariés qui trinquent. Un dégout par rapport au gouvernement qui ne fait rien pour réindustrialiser la France,. De quoi vont vivre et travailler nos enfants, je leur vois pas d’avenir surtout dans les petites villes. Chaque année on perd de la population dans les petites villes ici chaque année on en perd, il y aura plus rien.

Le 6 décembre prochain se tiendra le comité économique et social de la SAM, dernière étape avant les premiers licenciements. Un nouveau rassemblement est prévu ce mercredi 1er décembre à 11h30 devant l'usine.

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