"MicMac à Millau", un documentaire inédit sur la lutte paysanne contre MacDonald's et la malbouffe industrielle

Publié le
Écrit par Marie Martin
© - / AFP

Co-produit par France 3 Occitanie, le film documentaire "MicMac à Millau" revient sur la destruction en 1999 par des agriculteurs et militants aveyronnais d'un MacDonald's en construction à Millau. Il est projeté en avant-première ce vendredi 14 janvier au cinéma de Millau.

C'était le 12 août 1999. En marge d'une manifestation de protestation contre les sanctions américaines après l'interdiction des importations de bœuf aux hormones, la Confédération paysanne et le syndicat des producteurs de lait de brebis (SPLB) décident de s'en prendre "à la firme phare de la bouffe industrielle", en l'occurrence l'enseigne MacDonald's dont un "restaurant" est justement en cours de construction à Millau, en Aveyron.

Contre la mondialisation et la malbouffe

L'opération est annoncée lors d'une conférence de presse où est évoquée une manifestation "bon enfant", avec dégustation de Roquefort.

Vers 11h30, ce 12 août 1999, le bâtiment en construction est entièrement démonté, sous les yeux du patron des MacDo de l'Aveyron. En une heure, il n'en reste rien, ou presque. Par contre, l'image va faire le tour des médias. Propulser José Bové en tant que leader de la lutte contre la malbouffe et la défense des paysans. Et faire de l'alimentation un enjeu politique majeur.

Le coût des dégâts est estimé à 120 000 euros. Quelques jours plus tard, quatre militants sont interpellés. José Bové, qui l'apprend par la presse, se rend à Millau où il est mis en examen pour destruction d'une propriété privée et incarcéré à la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone, étant déjà sous le coup d'une inculpation pour destruction d'un champs OGM, . 

Un poing levé qui fait le tour du monde

Le militant refuse sa libération sous caution, moyennant 105 000 francs à l'époque, mais une solidarité internationale s'organise qui permet de réunir les fonds, et même au-delà. José Bové accepte alors sa libération sous caution, il sort de prison le 7 septembre 1999, brandissant le poing face aux très nombreux journalistes venus l'attendre. Une image qui fait le tour du monde.

En 2001, la justice condamne José Bové à trois mois de prison ferme et les quatre autres paysans militants à trois mois de prison avec sursis.

"Des héros..."

C'est sur cette lutte paysanne que revient le documentaire "MicMac à Millau, des paysans face à la mondialisation", réalisé par Karine Bonjour et Gilles Pérez, avec la voix de Laure Calamy, et co-produit par France 3 Occitanie. Il est projeté en avant-première, ce vendredi 14 janvier 2022, à 20h30 au cinéma de Millau.

Pour José Bové, interrogé par France 3 Occitanie, ce combat est devenu emblématique notamment en raison de l'arrestation de cinq paysans. "Pendant un an", explique-t-il, "entre le démontage et le procès, beaucoup de choses s'agrègent, la dénonciation de la mondialisation devient quelque chose de global, les gens prennent conscience". 

On choisit le symbole le plus Américain, à la fois l'agriculture industrielle et la standardisation de l'alimentation, standardisation d'un côté, AOP (appellation d'origine protégée) de l'autre.

José Bové

"C'est le début de la prise de conscience des consommateurs qu'une autre agriculture existe", renchérit la co-réalisatrice Karine Bonjour. "Cela démarre vraiment avec le démontage et surtout les suites médiatiques du démontage. Et ça, ça m'a vraiment marquée, voir les Unes de journaux américains ou japonais avec la tête de José Bové : Ils ont démonté le McDo donc ce sont des héros..."

"MicMac à Millau", de Karine Bonjour et Gilles Pérez, sera diffusé sur France 3 Occitanie, le 20 janvier 2022, à 23 heures.

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.